Face à la pénurie de carburant dans les stations de France voisine en raison du blocage de raffineries, de nombreux ressortissants français viennent faire le plein d’essence en Suisse malgré le prix plus élevé
Un défilé de voitures immatriculées en France, notamment dans le Territoire de Belfort, dans les stations-service de Boncourt. Voilà belle lurette que l'on n'avait plus vu ça ! Malgré le prix, de nombreux habitants de France voisine viennent acheter de l’essence en Suisse ces derniers jours, car à Belfort ou encore à Delle, plusieurs stations sont en pénurie de carburant suite aux mouvements de grève et blocages de raffinerie. « J’ai tenté sept stations dans le Territoire de Belfort, toutes sont vides ! Même si c’est plus cher, ma foi, je suis venu ici pour en trouver », explique Roland en faisant le plein à Boncourt, à deux pas de la frontière.
Reportage à Boncourt
Le sans-plomb frise les 1,90 franc, presque deux euros, tandis que le gazole s’affiche à 2,18 francs, soit 2,24 euros. Quel que soit le carburant choisi, le litre revient 40 à 50 centimes plus cher qu’en France, ce qui n’a pas découragé Julie. « 117,44 francs, tout va bien ! », ironise-t-elle. « Ce plein-là, je ne vais pas le faire tous les mardis. On ne va pas rouler vite, et éviter les trajets superflus », sourit la jeune femme. Même si le porte-monnaie en prend un coup, beaucoup disent « ne pas avoir le choix, il faut bien aller travailler. » Les stations suisses proches de la frontière, elles, se frottent les mains. Elles n’étaient plus habituées à voir autant de clients depuis la guerre en Ukraine et l’introduction en France d’une aide d’État sur le carburant qui rendait les tarifs suisses nettement moins attractifs.
Célia, employée d'une station-service à Boncourt : « Depuis deux-trois jours, c'est le défilé »
« Le rush a commencé dimanche. Lundi matin, nous avions déjà entre 2'000 et 2'500 francs de plus dans la caisse », confie Célia, employée d’une station située au poste-frontière à Boncourt. « Ces derniers mois, nous vendions quasiment exclusivement du tabac. Là, on réentend le bruit des pompes, les camions viennent à nouveau remplir les cuves. On n’arrête pas ! C’est reparti en tout cas pour un moment, on verra combien de temps », souffle-t-elle encore. Le Gouvernement français, lui, veut éviter que la situation ne s’éternise. Il a d’ailleurs annoncé ce mardi des réquisitions de personnel pour débloquer des dépôts de carburant. /jpi









