Cinq ans après la naissance du mouvement #MeToo, « ce n’est pas fini et il y a encore à faire ». C’est en tout cas ce qu’estime Marianne Ebel, militante féministe depuis 50 ans. Elle a vu déferler en 2017 ces vagues de témoignages de violences faites aux femmes sur les réseaux sociaux. Une nouvelle forme de militantisme qui a marqué celle qui est aujourd’hui membre de la grève féministe et vice-présidente de la Marche mondiale des femmes en Suisse : « Ce qui est frappant pour ma génération, c’est comment les réseaux sociaux ont pu amplifier les phénomènes ».
Marianne Ebel : « Les réseaux sociaux sont pour nous un outil supplémentaire et permettent un écho plus grand »
Des voix portées par les réseaux sociaux
Pour rappel, le 5 octobre 2017, un article du New York Times révélait de nombreuses accusations de violences sexuelles contre le producteur américain Harvey Weinstein. A la suite de ces accusations, le 15 octobre, l’actrice Alyssa Milano publie un message encourageant les victimes de violences à témoigner en reprenant l’expression « #MeToo ». Depuis, ce mouvement de libération de la parole a donné lieu à des centaines de milliers de témoignages. « C’est un mouvement social qui a transformé nos relations entre hommes et femmes, qui a redéfini les règles du jeu autour de la séduction et de la sexualité », estime Marianne Ebel.
Mais certaines voix ont néanmoins été oubliées dans le mouvement #MeToo, selon la militante : « Cela a ouvert un espace mais les violences que subissent les femmes migrantes, par exemple, on en entend très peu parler. » D’ailleurs, Marianne Ebel rappelle qu’en 2006 déjà une femme afro-américaine avait lancé le tout premier #MeToo. Le hashtag n’avait alors pas rencontré le succès qu’on lui a connu en 2017.
« Il y a des femmes qu’on n’entend pas, par exemple les migrantes »
Un militantisme qui a bien changé
Bien avant le mouvement #MeToo, Marianne Ebel militait déjà pour les droits des femmes et contre les violences sexistes. En cinquante ans, les choses ont bien changé : « Pour moi, ce qui est extrêmement frappant et en même temps très heureux, c’est le fait qu’aujourd’hui toutes les générations sont mobilisées. Quand moi j’ai commencé le militantisme dans les années 70, on était que des jeunes. »
Marianne Ebel : « On se faisait traiter de sorcières. Aujourd’hui le mot féministe est devenu courant »
Reste qu’aujourd’hui, pour Marianne Ebel, le combat n’est pas terminé. Elle insiste par exemple sur l’importance, selon elle, de voir le consentement inscrit de manière explicite dans le code pénal suisse. /cde









