Une enquête relève la diversité et l'attrait des filières bilingues

Les filières d'enseignement bilingue sont actuellement en pleins essors. Il n’existe pas moins ...
Une enquête relève la diversité et l'attrait des filières bilingues

Les filières d'enseignement bilingue sont actuellement en pleins essors. Il n’existe pas moins de 373 offres de filières d’enseignement bilingues à l’école obligatoire et secondaire en Suisse

L'enseignement bilingue sous ses diverses formes est en plein essor en Suisse. (Photo libre de droits). L'enseignement bilingue sous ses diverses formes est en plein essor en Suisse. (Photo libre de droits).

L'enseignement bilingue sous ses diverses formes est en plein essor en Suisse, particulièrement au niveau du secondaire II. Parallèlement à cette évolution, les langues nationales continuent à perdre du terrain au profit de l'anglais, langue considérée comme plus facile et plus utile.

Les filières bilingues, avec au moins une langue nationale, ont le vent en poupe, relève une enquête menée par le professeur Daniel Elmiger de l'Université de Genève. L'étude présentée jeudi a été réalisée avec le soutien du Forum du bilinguisme à Bienne et l'Institut de plurilinguisme à Fribourg.

Il existe aujourd'hui 373 filières d'enseignement bilingue au niveau de l'école obligatoire et du secondaire II. Et si l'on y ajoutait les offres préscolaires et celles du degré tertiaire, l'on pourrait sans doute en dénombrer bien plus de 600, avance le rapport sur les filières bilingues en Suisse.

« Ce dynamisme témoigne de l'approche innovante du système scolaire suisse en matière d'apprentissage des langues », écrit l'auteur de cette étude. Cette évolution illustre aussi la volonté d'explorer de nouvelles voies, telles justement les filières bilingues.


Niveau gymnasial

En 2022, quatre filières sur cinq (81%) se trouvent au niveau du secondaire II et donc à peine un cinquième (19%) au niveau de l'école obligatoire. Au niveau gymnasial, une maturité environ sur six est délivrée avec une mention bilingue. Pour le professeur Elmiger, il existe un grand potentiel de développement pour les offres bilingues à l'école obligatoire.

Les formes d'organisation de l'enseignement bilingue soulèvent des questions de délimitation : à partir de quand un enseignement peut-il être qualifié de bilingue. Il en résulte une situation hétérogène au sein de l'ensemble du système éducatif suisse.


Anglicisation rampante

S'agissant des langues d'immersion, il y a de grandes disparités entre les régions linguistiques. Dans les cantons bilingues et le canton trilingue des Grisons, le choix se porte plus facilement sur une langue nationale du voisinage : 84% dans les cantons de Berne, Fribourg et du Valais et 81% dans celui des Grisons.

La langue cible la plus fréquente en Suisse est cependant l'anglais, langue fortement représentée dans les cantons monolingues. Cet idiome y est considéré comme plus facile et comme plus utile. Dans de nombreux endroits, davantage d'enseignants sont en mesure et prêts à enseigner de manière immersive en anglais.

Le développement va clairement vers des filières allemand-anglais ou français-anglais, constate le Forum du bilinguisme. La focalisation sur l'anglais risque d'entraîner une anglicisation du système éducatif suisse et d'engendrer une perte d'importance des langues nationale. A cela s'ajoute le risque d'une aggravation de la pénurie d'enseignants en allemand et en français.

Ce ne sont pas seulement les cantons officiellement bilingues ou trilingues qui devraient contribuer au plurilinguisme suisse vécu au quotidien, mais aussi les cantons monolingues. « Si l'on veut éviter une anglicisation générale, il faut suivre les tendances de près et participer de manière pertinente à l'élaboration de la situation politique en matière de langues scolaires », souligne le rapport.


Créer une vue d'ensemble

Compte tenu de l'importance politico-linguistique de l'enseignement bilingue, il serait souhaitable de pouvoir documenter son évolution à intervalles réguliers. Il conviendrait donc pour l'auteur de cette enquête d'examiner si ces travaux peuvent être réalisés par la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) ou par un autre service spécialisé. /ATS-cro


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