Le vrac en vrac

Après avoir cartonné pendant la période Covid, la plupart des épiceries en vrac de la région ...
Le vrac en vrac

Après avoir cartonné pendant la période Covid, la plupart des épiceries en vrac de la région souffrent d'une diminution de leur clientèle. A Porrentruy, le magasin Graines de Folie fermera ses portes en février. D'autres enseignes se réinventent pour fidéliser les clients

La plupart des magasins en vrac de la région (ici, Ca va l'bocal à Delémont) ont vu leur clientèle diminuer ces derniers mois. La situation est identique dans toute la Suisse romande. La plupart des magasins en vrac de la région (ici, Ca va l'bocal à Delémont) ont vu leur clientèle diminuer ces derniers mois. La situation est identique dans toute la Suisse romande.

Le magasin en vrac Graines de Folies, à Porrentruy, fermera ses portes au mois de février 2023. L’annonce a été faite mercredi sur les réseaux sociaux. Les gérantes de la boutique cherchent à remettre le bail des locaux, ou même l’enseigne, si des personnes motivées se présentaient. De manière générale, les épiceries en vrac de la région font quasiment toutes état d’une situation loin d’être optimale.


L'effet semi-confinement a disparu

La situation était tendue depuis fin 2021, chez Graine de Folie, confie Eloïse Oeuvray qui gère la boutique avec sa sœur depuis 2019. « On a eu beaucoup de travail pendant la période Covid. Là, les clients avaient le temps de cuisiner, de faire leurs produits ménagers, et ils favorisaient les magasins de proximité », explique-t-elle. Mais depuis que le télétravail s’est raréfié, depuis que la vie a repris son cours comme avant le coronavirus, les clients se sont faits plus rares. Ca a été le cas chez Bio and Co, à Rossemaison, mais aussi chez Ca va l'bocal, à Delémont.


L'inflation n'aide pas

La situation s'est encore empirée ces derniers mois, avec la hausse générale des prix. « Je pense que cette diminution de la clientèle se voit dans plein de boutiques indépendantes, ce n'est pas seulement dans l'alimentaire ni le bio », souligne Corinne Winkelmann, de Bio and Co. « La situation actuelle fait que les gens mettent des priorités ailleurs que dans leur alimentation », ajoute la commerçante. Une analyse partagée par Brigitte Bridel, de Ca va l'bocal, qui parle d'une problématique de fond. Ajoutons à ça quelques préjugés bien tenaces sur le vrac : pas pratique, plus cher… « Pourtant, il n’y a qu’à comparer : sur certains produits, les épices bios par exemple, on est au même prix, voire moins chers que dans les grandes surfaces », assure Corinne Winkelmann. 

Les locaux - souvent déserts - qu’il faut payer, tout comme les factures, ont fini par décourager les gérantes de Graines de Folie. Mais si Eloïse Oeuvray admet n’avoir plus d’énergie à mettre dans sa boutique, elle reste persuadée que le vrac a sa place dans le Jura : « Il faut peut-être le réinventer… », glisse-t-elle.

De nouvelles idées pour un nouvel élan
Réinventer le vrac… et lui apporter un nouveau souffle : c’est ce qu’essaye de faire l’équipe de La Marchande, à Saignelégier. L’enseigne, qui a connu un automne plus calme, elle aussi, va bientôt se doter d’une cuisine. Elle entend ainsi proposer à la vente des soupes, confitures et autres produits préparés. Chez Bio and Co, à Rossemaison, Corinne Winkelmann annonce que les clients découvriront dès janvier un vrac and drive : « Ils pourront passer commande en ligne : fruits et légumes, œufs, pain et autres produits secs… La commande pourra être récupérée, tout prête, à la boutique… ou on pourra la livrer avec nos camionnettes électriques. » Citons encore l’association La Louche, qui a repris l’épicerie en vrac La Boyevatte à Courroux. Elle compte proposer des repas confectionnés à partir de ses invendus, et ceux d’autres magasins du coin. /cto


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