Le Musée du Mont-Repais s’offre une rénovation et deux pièces historiques

Les vestiges du Fritz des Rangiers ainsi que la bannière des Seigneurs d’Asuel seront accessibles ...
Le Musée du Mont-Repais s’offre une rénovation et deux pièces historiques

Les vestiges du Fritz des Rangiers ainsi que la bannière des Seigneurs d’Asuel seront accessibles au public au printemps 2024 dans un musée qui sera rafraîchi et réaménagé à La Caquerelle

L'exposition de la bannière des Seigneurs d'Asuel sera, comme pour le Fritz des Rangiers, agrémentée de contenus multimédias. (Photo : Groupe d'Histoire du Mont-Repais) L'exposition de la bannière des Seigneurs d'Asuel sera, comme pour le Fritz des Rangiers, agrémentée de contenus multimédias. (Photo : Groupe d'Histoire du Mont-Repais)

Le Musée du Mont-Repais à La Caquerelle va être rénové d’ici le printemps 2024. La demande de permis de construire a été publiée au Journal officiel et les travaux devraient débuter au premier trimestre l’année prochaine pour un coût avoisinant le million de francs. Une fois réaménagée, cette ancienne chapelle-école accueillera deux pièces majeures : la statue – ce qu’il en reste – du « Fritz » des Rangiers, entreposée à l’abri des regards depuis 1989, ainsi que la bannière des Seigneurs d’Asuel perdue lors de la bataille de Sempach en 1386.

Samantha Reichenbach : « Le Fritz sera présenté avec toute l'objectivité possible »

Aperçu de la future exposition du Fritz des Rangiers, à l'abri des regards depuis plus de 30 ans. (Photo : Groupe d'Histoire du Mont-Repais) Aperçu de la future exposition du Fritz des Rangiers, à l'abri des regards depuis plus de 30 ans. (Photo : Groupe d'Histoire du Mont-Repais)

Deux symboles ambivalents, le Fritz ayant été conçu pour commémorer la mobilisation lors de la 1re guerre mondiale avant de devenir une statue de discorde sur fond de question jurassienne et d’antimilitarisme. Une histoire qui a nécessité quelques réflexions quant à son exposition et sa mise en scène. « C’est un objet qui a cristallisé beaucoup de sensibilités différentes et d’émotions. Ce que l’on a voulu faire, c’est donner la possibilité au public de voir cet objet dans son état actuel avec toute l’histoire qu’il comporte et avec toute l’objectivité possible. Face à un objet fortement abîmé comme celui-ci (NDLR, sa tête et la baïonnette ont été détruites par les activistes jurassiens, puis a été incendié dans un dépôt), c’est là qu’intervient la scénographie. C’est pourquoi nous avons décidé d’y intégrer de l’animation multimédia pour le présenter sous les différentes facettes de son histoire et aller au-delà du simple objet », explique Samantha Reichenbach, muséographe et commissaire d'exposition. Une partie du public découvrira par ailleurs pour la première fois cette statue conservée à l’abri des regards depuis plus de 30 ans.

Marc Meier sur la vision historique de la bannière des Seigneurs d'Asuel

La bannière, elle, est prêtée par Lucerne qui la conservait comme un trésor de guerre. Les Seigneurs d’Asuel étaient en effet alliés du Duc d'Autriche, Habsbourg, et ennemis des Confédérés suisses. « Mais y voir une trahison est une perception très contemporaine, coupe le coordinateur du projet Marc Meier. Les Seigneurs d’Asuel étaient intégrés dans l’Evêché de Bâle qui faisait partie du Saint-Empire romain germanique. Ils ont donc été loyaux envers leur suzerain et ont fait quelque chose de tout à fait logique pour l’époque. Mais notre muséographe aura évidemment un regard neutre sur cela et le visiteur sera orienté sur cette situation un peu ubuesque ». L’expérience de ce Musée du Mont-Repais sera « immersive » promet Marc Meier. Le projet peut par ailleurs compter sur l'expérience du scénographe de renommée internationale Raphaël Barbier qui a réalisé le pavillon de la Pologne lors de l’Exposition universelle 2020 à Dubaï. Certaines conditions d’exposition seront cependant dictées par les critères techniques de conservation, la bannière des Seigneurs d’Asuel devant être protégée de la lumière forte et stockée à humidité stabilisée. Le Musée du Mont-Repais reprendra par ailleurs l’histoire du col des Rangiers, de ses fermes et légendes, comme lors de ses précédentes expositions. /jpi


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