Le Ministère public jurassien maintient sa ligne face à deux frères accusés de viol sur une enfant

La procureure a demandé ce jeudi en appel 7 ans de prison, comme la peine prononcée en première ...
Le Ministère public jurassien maintient sa ligne face à deux frères accusés de viol sur une enfant

La procureure a demandé ce jeudi en appel 7 ans de prison, comme la peine prononcée en première instance, envers deux prévenus pour des faits remontant à une dizaine d’années aux Franches-Montagnes

Le jugement sera rendu ce vendredi au palais de justice de Porrentruy. Le jugement sera rendu ce vendredi au palais de justice de Porrentruy.

Le ministère public jurassien a encore requis 7 ans de prison ce jeudi en appel contre deux frères accusés d’actes d’ordre sexuel et de viol sur une enfant. La procureure Laurie Roth a demandé confirmation, devant la cour cantonale pénale du tribunal de Porrentruy, du jugement de première instance rendu en mai dernier. Les deux frères avaient alors été reconnus coupables pour ces faits commis selon l’accusation entre 2011 et 2015 aux Franches-Montagnes, lorsque la victime était âgée de 7 à 11 ans et les prévenus de 18 à 22 ans pour l’un, de 17 à 21 ans pour le second. Si les deux hommes reconnaissent des attouchements sur la jeune fille, ils nient tout acte de pénétration qui caractériserait un viol.


La défense chancelante face à des échanges de messages

L’un des frères se retrouve pourtant, d’emblée, ébranlé par le juge qui exhume une conversation électronique. « Cela fait combien de temps que tu n’as plus eu de rapport sexuel* ? », demande par message ce prévenu à la plaignante. Réponse : « La dernière fois c’était en 2013 avec toi et ton frère, tu te rappelles ? ». « Oui », répond-il. Réponse compromettante qu’il dit aujourd’hui avoir donnée « sur le coup sans réfléchir ». « Vous répondez oui alors que vous prétendez devant nous ne pas l’avoir fait ? Mais vous pensez sincèrement que l’on va avaler une couleuvre pareille ? », s’insurge le juge Pascal Chappuis.


« On s’en fout de la date, ils m’ont violé pendant des années »

Les deux frères, et leurs avocats, contestent également les dates auxquelles les faits se seraient produits. Sur la base de messages entre prévenus et plaignante, Me Daniel Trajilovic situe cette « période pénale pertinente » entre 2010 et 2013, lorsque son client était encore mineur. Ce dernier qui avait reconnu devant les enquêteurs les dates contenues dans l’acte d’accusation affirme désormais « s’être emmêlé les pinceaux » lors des auditions. Ce calendrier qui remonte à une dizaine d’années apparait aussi confus pour la plaignante qui affirme, elle, que ces agissements se sont arrêtés autour de ses 12 ans, et non plus 11. L’un des avocats de la défense s’engouffre alors dans la brèche et l’assène de questions. Elle ne se démonte pas : « on s’en fout de la date, ils m’ont violé pendant des années ! », pose la jeune femme désormais âgée de 18 ans, confiant qu’elle « garde ça malgré elle, qu’on le veuille ou non ça revient ».

Me Daniel Trajilovic pointe un discours lacunaire de la plaignante

Face aux questions détaillées sur le déroulement des rapports, elle refuse de répondre, arguant de son intimité en présence de membres de sa famille dans le tribunal. Ce que la défense ne manque pas de relever, pointant son discours lacunaire dès lors que l’on aborde la question de la contrainte, l’un des aspects constitutifs du viol en l’espèce « insuffisamment qualifié » au regard des avocats des deux frères. « Comment un enfant de 7 ans peut-il être consentant à un rapport sexuel ? », rétorque alors la procureure lors de sa plaidoirie. « Contrairement aux prévenus, ma cliente n’a pas modifié son discours. Et elle donne de nombreux détails sur le mode opératoire, les lieux, des rapports tantôt protégés, parfois non… », défend Me Jérémy Huart, avocat de la partie plaignante. Le jugement sera rendu ce vendredi. /jpi


*terme modifié par pudeur

Me Jérémy Huart : « A 7 ans, il est difficile de se rappeler des faits »


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus