Le Franc-Montagnard a annoncé quitter son poste de responsable de la section Jura-Jura bernois d'Amnesty International. Il évoque des divergences d'opinion concernant le conflit en Ukraine. Mais il entend poursuivre son engagement pour les droits humains
Il a passé 7 années en tant que responsable de l’antenne Jura-Jura bernois d’Amnesty International. Le Franc-Montagnard Hubert Godat a annoncé qu’il démissionnait de son poste à la fin de l’année. Rencontre avec cet enseigant à la retraite qui ne supporte pas l'injustice à l'occasion de la journée mondiale des droits de l'Homme.
S'il a décidé d'abandonner son poste de responsable, c'est à cause d'un rapport publié par Amnesty au mois d’août. Le document indiquait que des manœuvres militaires ukrainiennes mettaient en danger les civils dans le conflit avec la Russie. « Chez beaucoup, ce rapport a été perçu comme un coup de poignard dans le dos. Il donnait l’impression que l’Ukraine était tout aussi coupable que la Russie explique-t-il. La victime et l’agresseur étaient mis implicitement sur un pied d’égalité. Parce que mon épouse est ukrainienne, que sa fille est réfugiée chez nous et que je reçois tous les jours des nouvelles de ce pays, ce genre de rapport n'a pas passé, tout simplement. » Hubert Godat souligne toutefois qu'il n'est pas en froid avec l'organisation. « Amnesty reste une organisation qui fait un très bon travail et je continuerai de soutenir ses actions. » Ce sont Marie-Josée Friche et Fiorenzo Monti qui deviendront les deux coresponsables de la section Jura-Jura bernois d'Amnesty international.
Hubert Godat : « Je ne pouvais plus me voir comme responsable de cette organisation »
Un travail de fourmi qui porte ses fruits
De ses 7 années en tant que responsable à Amnesty, Hubert Godat retient notamment l'engagement de nombreux membres. « J'ai découvert le travail remarquable de beaucoup de personnes, souvent anonymes. Ils écrivent infatigablement des lettres, signent des pétitions. » Ce travail de fourmi pourrait sembler dérrisoire, explique Hubert Godat. Et il ne fait certainement pas trembler les dirigeants visés par ces courriers ajoute-t-il. Mais il porte malgré tout ses fruits. « Les rapports d'Amnesty montrent que dans un tiers des cas, ces actions sont efficaces, explique Hubert Godat. Elles aboutissent parfois à la libération de personnes injustement emprisonnées ou permettent d'obtenir des meilleurs conditions de détention. Ces actions ne sont donc pas dérisoires même si elle peuvent ressembler à une goute d'eau dans un océan d'injustice. »
Un travail de fourmis qui porte ses fruits
Poursuivre l'engagement autrement
L'engagement pour les droits humains d'Hubert Godat ne s'arrête pas avec son départ d'Amnesty. « C'est évident. Il n'y a pas qu'Amnesty sur ce terrain, il y a d'autres organisations. Et je ne boycott pas Amnesty, elle reste un phare dans l'obscurité des injustices de ce monde. Cette solidarité que j'essaie de pratiquer à mon échelle, je continuerai de la pratiquer avec des petites actions, invisibles peut-être. » /tna









