La politique peut-être une vocation, une aspiration naturelle pour certains. Pour Jacqueline Étique, c’est plutôt un destin soudainement tombé du Palais fédéral qui, après un formidable effet domino, est venu toquer à sa porte à Porrentruy. Premier effet de l’élection d’Élisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral, déjà une petite surprise, Mathilde Crevoisier-Crelier devient conseillère aux États et quitte donc le Conseil municipal de Porrentruy où elle venait d’être élue. Gilles Coullery, premier des « viennent-ensuite » accède à l’exécutif communal, mais lui-même est élu au Conseil de ville. Son siège échoit donc à une enseignante retraitée, Jacqueline Étique, qui se retrouve soudainement propulsée au législatif.
Lorsque nous l’appelons ce mardi matin, elle vient d’ouvrir son courrier. L’une des lettres, portant le cachet du canton, lui annonce qu’elle doit prêter serment le 19 janvier au Théâtre du Jura. Depuis quelques jours, Jacqueline va de surprise en surprise. « L’histoire de la promesse solennelle à Delémont, je ne savais pas que c’était aussi formel ! Je pensais que ça se passerait à Porrentruy. Je ne connais vraiment pas grand-chose à la politique ! », avoue sans ambages l’ancienne enseignante. Si elle doit se plier à ce protocole solennel, c’est en sa qualité de doyenne de l’assemblée… qui lui vaudra l’honneur de présider la première séance de l’année 2023 du législatif bruntrutain ! Un comble pour celle qui voulait déjà éviter de jouer les premiers rôles au moment de constituer les listes pour les dernières élections communales. « J’avais dit au parti qu’il fallait laisser la place aux jeunes, donc vous me mettez tout au fond de la liste. Ils m’ont dit que c’était un tirage au sort et que je ne serais peut-être pas en queue de liste ! », sourit Jacqueline.
Elle sortira finalement troisième suppléante. « Je me suis dit : bon, ben voilà, je risque de siéger de temps en temps. Mais là, présider la première séance, c’était la grande surprise du jour, on ne me l’avait pas vendu comme ça ! », rit la nouvelle élue. Un rôle qu’elle est cependant prête à assumer : « J’ai toujours pris mes responsabilités. » Aidée par son conjoint qui a déjà siégé au Conseil de ville et connaît donc les rouages de l’institution, Jacqueline Étique a tout juste commencé sa formation accélérée. « Il m’explique un peu comment ça se déroule. Il m’a fait écouter le discours d’un précédent président, donc je vais m’atteler à cette tâche ! Mais j’ai quand même baigné dans la politique plus jeune par ma famille, je lis les journaux donc je ne suis pas complètement éloignée du monde politique », précise la doyenne de la prochaine législature. Sa seule hantise, « commettre une erreur dans le protocole ». Mais en tant qu’ancienne enseignante, nul doute qu’elle retrouvera de précieux réflexes au moment de diriger, à la clochette, cette classe d’élus… un peu plus âgés que ses anciens élèves de primaire. /jpi