Attaque à l'acide : agresseur condamné à la prison

Une méthode qualifiée de particulièrement odieuse. Le Tribunal criminel de Neuchâtel a condamné ...
Attaque à l'acide : agresseur condamné à la prison

Une méthode qualifiée de particulièrement odieuse. Le Tribunal criminel de Neuchâtel a condamné l’agresseur à l’acide à six ans et trois mois de prison, mais renonce à l’expulsion du territoire suisse

L'homme accusé d'avoir défiguré une jeune femme avec de l'acide passera plusieurs années en prison . (Photo d'illustration libre de droits). L'homme accusé d'avoir défiguré une jeune femme avec de l'acide passera plusieurs années en prison . (Photo d'illustration libre de droits).

Six ans et trois mois de prison. C’est la peine prononcée par le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers mardi après-midi à l’encontre de l’homme qui avait attaqué à l’acide une jeune femme. La victime avait été brulée au visage, à la tête ainsi que sur les mains et les avant-bras. Les faits s’étaient produits à Neuchâtel en février 2021. L’individu est jugé coupable de lésions corporelles graves, mais aussi de brigandage dans une autre affaire qui s’était déroulée à Bienne un an plus tôt.


« Une méthode particulièrement odieuse »

Le Tribunal a relevé « l’énergie criminelle considérable déployée par le prévenu » qui avait déjà tenté de commettre son attaque trois jours plus tôt. « Il avait préparé et planifié son crime ». L’homme, qui était l’ex-petit ami de la victime, avait évoqué lors du procès être terrifié à l’idée qu’elle veuille avorter, espérant qu’elle y renonce en commettant cette agression à l’acide. Les juges ont retenu comme seul motif « celui de nuire en utilisant une méthode particulièrement odieuse ». Ils considèrent que « les lésions sont bien graves et qu’elles auraient pu être pires ». 35'000 francs de tort moral sont ainsi accordés à la victime.


Reconnu coupable de brigandage

En janvier 2020, un responsable d’un établissement était frappé à coup de barre de fer puis volé. Le prévenu a toujours nié les faits. Les juges ont, eux, retenu plusieurs éléments à charge, comme l’ADN retrouvé sur l’arme du crime, mais aussi la géolocalisation de son portable qui correspond au lieu où les faits se sont déroulés, tout comme les images et la vidéo faites avec son smartphone qui le montre avec des liasses de billets en main. « Des faisceaux d’indices suffisants pour le juger coupable de brigandage ».


Pas d’expulsion

Le Ministère public avait requis sept ans et quatre mois de prison, ainsi que dix ans d’expulsion du territoire à l’encontre de ce jeune homme de nationalité afghane, né en Iran et arrivé en Suisse lors de son adolescence. Les juges ont dû faire une pesée d’intérêt pas évidente, expliquant que « l’examen de la situation est délicat ». L’asile avait été demandé, mais pas octroyé. Circonstances géopolitiques obligent, il ne pouvait être renvoyé et bénéfice d’un permis F. La possibilité de le voir sans statut à sa sortie de prison augmentait le risque criminel et par conséquent l’expulsion n’a pas été prononcée.

Les parties ont 30 jours pour faire recours. L’avocat de la défense a d’ores et déjà annoncé vouloir faire appel. Son client conteste les faits pour l’affaire de brigandage à Bienne. /jpp


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