Une rivalité amoureuse finit en bagarre sanglante

Le Ministère public jurassien a requis 40 mois de prison ferme envers un jeune Jurassien et ...
Une rivalité amoureuse finit en bagarre sanglante

Le Ministère public jurassien a requis 40 mois de prison ferme envers un jeune Jurassien et 14 mois avec sursis contre sa compagne, tous deux accusés d’avoir organisé un guet-apens contre la victime présumée qui éprouvait aussi des sentiments pour la jeune femme

Les juges devront notamment détricoter les rôles des quatre protagonistes. Les juges devront notamment détricoter les rôles des quatre protagonistes.

Une violente bagarre sur fond de jalousie amoureuse a occupé ce mardi le tribunal pénal de première instance de Porrentruy. Quatre personnes comparaissent, notamment pour rixe, lésion corporelle simple, tentative de lésions corporelles et autres menaces relatives à des faits qui se sont déroulés à Porrentruy en mars 2021. Le principal prévenu, un jeune homme, aidé de sa compagne et de son frère, aurait tendu un guet-apens à la prétendue victime qui éprouvait aussi des sentiments pour la jeune femme. La victime s’en est sortie avec plusieurs blessures sérieuses, notamment une fracture du nez et un traumatisme crânien. Mais qui agresse ? Qui organise ? Qui manipule ? Les juges, qui prononceront leur jugement mercredi après-midi, auront la lourde tâche de détricoter cette pelote pour établir les rôles de chacun des protagonistes.


La thèse du guet-apens démentie par la défense

Selon l’accusation et le Ministère public, le guet-apens est organisé par la compagne, qui s’arrange pour réunir son petit ami et l’amoureux éconduit, feignant vouloir arrondir les angles. La jeune femme minimise son rôle alors que la procureure n’hésite pas à parler de co-auteure, de manipulatrice qui aime la bagarre tout en étant au centre des attentions. Pour la défense, c’est au contraire la prétendue victime qui est l’agresseur, venant d’abord menacer la jeune femme avec une bouteille à la main, ce qui déclenche la rixe. Pourtant, dans de violents messages de menaces, c’est bien le principal prévenu qui promettait, dans un langage fleuri de haine, de « planter » son rival. Messages sur lesquels la défense se montre silencieuse. « On n’admet pas les menaces mais on ose parler de regrets devant le tribunal ? Pour moi c’est du vent », tonne la procureure qui requiert 3 ans et 4 mois de prison ferme à l’encontre du jeune homme ainsi que 14 mois avec sursis envers sa compagne de l’époque.


La présence ou non d’un couteau, enjeu de la mesure de la peine

Son réquisitoire est lourd en raison du passé judiciaire déjà chargé du principal prévenu, mais aussi parce qu’elle retient la présence d’un couteau dans l’agression, caractérisant ainsi la tentative de lésions corporelles graves. La prétendue victime affirme que son agresseur a tenté de le poignarder au thorax à l’aide d’un couteau dont la défense, qui reconnait la rixe et les coups, dit ne pas voir la trace. Les trois avocats de la défense ne relèvent « pas de trace de déchirure sur la veste » de l’amoureux éconduit et pointent de simples blessures superficielles chez celui qui affirme avoir saisi la lame à pleine main pour désarmer son adversaire. « On a visiblement trois experts en sciences forensiques », ironise la procureure qui brandit les conclusions du légiste parlant de « lésions » causées par un objet tranchant.

Le tempérament violent et impulsif du principal prévenu émerge aussi de son comportement en périphérie de l’affaire par des violences conjugales sur sa compagne enceinte, sur la mère de celle-ci, provoquant même la chute de son enfant de quelques mois au cours d’une altercation. Le Ministère public réclame par ailleurs 40 jours-amendes envers le frère du principal prévenu – notamment pour menaces - présent au moment des faits mais dont le rôle apparait secondaire. /jpi


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