La peine « de la dernière chance » pour un jeune Jurassien

Un jeune Jurassien écope de 15 mois de prison ferme pour un guet-apens sanglant sur fond de ...
La peine « de la dernière chance » pour un jeune Jurassien

Un jeune Jurassien écope de 15 mois de prison ferme pour un guet-apens sanglant sur fond de rivalité amoureuse, sa compagne s’en tire avec 150 jours-amendes avec sursis, loin des peines réclamées par le Ministère public

Les juges n'ont pas suivi les réquisitions du Ministère public quant à la mesure de la peine. (Photo d'illustration). Les juges n'ont pas suivi les réquisitions du Ministère public quant à la mesure de la peine. (Photo d'illustration).

Un jeune Jurassien a écopé ce mercredi de 15 mois de prison ferme et diverses peines pécuniaires devant le tribunal pénal de Porrentruy pour une bagarre sanglante sur fond de rivalité amoureuse. Sa compagne, qui a organisé l’altercation, a été condamnée à 150 jours-amendes avec sursis. Tous deux ont tendu un guet-apens en mars 2021 à un autre jeune Jurassien qui éprouvait aussi des sentiments pour la jeune femme. Les peines prononcées sont néanmoins beaucoup plus clémentes que celles réclamées mardi par le Ministère public qui n'exclut pas de faire appel : 40 mois ferme pour le principal prévenu et 14 mois avec sursis pour sa compagne.


La tentative de lésions corporelles graves écartée malgré le couteau

Les juges ont pourtant bien retenu la thèse du guet-apens. La jeune femme est décrite comme en étant le cerveau, son petit-ami comme le bras armé. C’est elle qui attire la victime près de son domicile en lui promettant une discussion, sachant pertinemment que son petit-ami, accompagné d’un frère, attendait en embuscade. « Sans elle, il n’y aurait pas eu d’altercation », convient le président David Cuenat. Le tribunal retient les menaces, les coups qui ont provoqué chez la victime des lésions corporelles simples, mais pas la « tentative de lésions corporelles graves » qui aurait eu pour effet d’alourdir la peine. Le principal prévenu était pourtant bien armé d’un couteau – dont la présence ou non constituait l’un des enjeux du procès - établissent les juges, mais seulement pour faire peur. La victime, qui affirme avoir désarmé son agresseur alors qu’il tentait de planter le couteau dans son thorax, a « exagéré son récit » selon les magistrats. Ses blessures superficielles à la main et ses lésions sur l’extrémité des doigts ne correspondent pas, selon eux, à la violence de l’attaque décrite. De plus, des messages échangés entre la victime et un ami présent lors des faits laissent à penser que les deux comparses se sont concertés pour amplifier leur récit.


Un traitement ambulatoire comme « dernière porte de sortie »

Le frère du principal agresseur, dont le rôle n’est que secondaire, s’en tire avec 20 jours-amendes avec sursis pour infraction à la loi sur les stupéfiants et à la loi sur la circulation routière. Le jeune homme passé à tabac est quant à lui reconnu coupable d’injures sans aucune peine. Le principal prévenu, au passé judiciaire déjà très chargé, a déjà purgé plus de 13 mois de la peine en détention préventive et sortira donc très prochainement de prison. Il devra en outre suivre un traitement ambulatoire auprès de différents professionnels et organismes pour contenir son impulsivité. Un dispositif présenté comme « sa dernière porte de sortie » en référence aux récentes peines de prison effectuées sans effet notoire sur son comportement. Le président souligne d’ailleurs que jamais, dans l’histoire de ce tribunal, un prévenu n’a eu autant de secondes chances que celui-ci. /jpi


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