Les promeneurs qui ont emprunté le chemin agricole entre Bassecourt et Boécourt les ont peut-être vus : quatre chiens de protection des troupeaux paissent avec 80 moutons. Ils font partie du programme fédéral de protection contre les prédateurs
Quelques parcelles, autour du chemin agricole entre Bassecourt et Boécourt, sont actuellement occupées par un troupeau de moutons et de brebis... Des bêtes, qui sont bien gardées par quatre chiens de protection des troupeaux. Si les promeneurs et autres cyclistes peuvent être surpris par ces gros chiens blancs, qui aboient fort, il n'y a aucun danger pour eux, selon leur propriétaire, le berger Roland Hammel. Ce sont des animaux qui sont élevés et éduqués, « ils sont gentils avec les humains et ne peuvent pas franchir les barrières », ajoute Roland Hammel. De la race Abruzzes, ces canidés font partie du programme fédéral, censé protéger les animaux de rente des grands prédateurs.
« Ici, les chiots en formation apprennent la protection avec des événements légers : la nuit, il y a peut-être des renards... Leur instinct va ainsi émerger au fil des mois »
Roland Hammel passe chaque été en Valais avec son troupeau et ses chiens. Des chiens qui protègent ses bêtes des loups, notamment : « Dans les alpages, il y a une forte présence du loup et les chiens sont là pour les dissuader d’approcher nos brebis ». Les chiens de protection font partie intégrante du troupeau : ils ne passent pas une journée, ni une nuit sans les ovins. « Il y a un vrai attachement qui se créé entre eux. C’est pourquoi, même en hiver, quand je viens dans le Jura, les chiens restent avec les brebis. Même si la menace du loup est moins présente ici », explique le berger.
« C'est peut-être surprenant de voir ces chiens dans le Jura, mais on risque d'en croiser de plus en plus, puisqu’on a de plus en plus de loups », admet encore Roland Hammel, qui rappelle que le loup a été apercu dans le Jura il y a quelques mois. Les chiens de protection des troupeaux sont aussi efficaces contre les attaques de lynx, et peuvent aussi faire fuir d'autres plus petits animaux, comme les renards.
Parmi les quatre chiens qui occupent actuellement les champs entre Bassecourt et Boécourt, deux sont des chiots de quatre mois, formés par Roland Hammel. « J’ai choisi de venir ici, dans cette zone. Normalement j’évite d’aller dans des coins à promeneurs… mais ça désensibilise un peu les chiots. Ils apprennent qu’il y a des gens qui passent, on les aboie, mais que ce n’est pas grave ».
« Ils sont inoffensifs pour les promeneurs, ils ne sautent pas les barrières, par contre ils aboient beaucoup selon les situations »
Le programme de protection des troupeaux existe depuis plusieurs années en Suisse. Il est géré par AGRIDEA et l’Association chien de protection suisse. Les mesures de protection des troupeaux de petit bétail sont soutenues financièrement par l'Office de l'environnement. Les chiens de protection des troupeaux « doivent être élevés, éduqués, détenus et employés correctement, conformément à l’art. 10 quater de l’OChP et aux directives s’y rapportant », comme on peut le lire sur le site dédié à la protection des troupeaux. Les chiens formés sont soumis à des tests, pour déterminer s'ils répondent à divers critères. Les éleveurs qui souhaitent pouvoir travailler avec ces animaux sont eux aussi formés. Plus d'infos ici. /cto










