Des policiers retraités à la rescousse dans le Jura ?

La police cantonale se trouve aujourd’hui en manque d’effectifs à cause d’une pénurie d’agents ...
Des policiers retraités à la rescousse dans le Jura ?

La police cantonale se trouve aujourd’hui en manque d’effectifs à cause d’une pénurie d’agents formés et d’une hausse des missions. Elle recherche des solutions, notamment auprès de ses anciens membres

La police cantonale jurassienne ne parvient pas à recruter du personnel formé et fait face à une multiplication des tâches à accomplir (archive d'illustration: Georges Henz). La police cantonale jurassienne ne parvient pas à recruter du personnel formé et fait face à une multiplication des tâches à accomplir (archive d'illustration: Georges Henz).

Des policiers à la retraite pourraient bientôt reprendre du service dans le Jura. La police cantonale est actuellement en manque d’effectifs. Une situation qui n’a rien à voir avec les finances de l’Etat, mais qui s’explique par une pénurie d’agents formés et la multiplication des tâches à accomplir. Les forces de l’ordre jurassiennes cherchent donc des solutions et le rappel d’anciens agents en est une.

« On n’est pas en crise, mais on donne tendu ». Les mots du commandant Damien Rérat face au manque de personnel au sein de la police cantonale jurassienne. La situation n’est pas propre au canton, mais elle est identique dans toute la Suisse romande : le marché est à sec. Damien Rérat explique les polices ne forment pas assez d’aspirants et la position excentrée du Jura ne favorise pas le recrutement. Trois postes et demi sont actuellement à pourvoir dans le canton et ne trouvent pas preneurs. Par ailleurs, on ne devient pas policier du jour au lendemain : la formation dure deux ans. Il faut donc du temps à la relève pour être pleinement opérationnelle.

Cette pénurie de forces vives explique les difficultés actuelles de la police jurassienne, mais pas seulement. Le commandant indique aussi que le nombre de missions a augmenté. Trois exemples : la sécurité lors des matches du HC Ajoie – qui évolue désormais dans l’élite suisse – la sécurité de la conseillère fédérale jurassienne Elisabeth Baume-Schneider sur le territoire cantonal – une nouveauté – et la hausse des interventions liées à une recrudescence des cambriolages dans la région.


Engagement maximal de six mois

La police cantonale jurassienne doit donc trouver des solutions pour soulager des équipes sous pression. Trois pistes sont explorées, selon Damien Rérat. La première : augmenter la durée de travail des collaborateurs qui sont à temps partiel. Le commandant se dit surpris en bien quant aux réponses favorables. La deuxième : appeler des personnes titulaires d’un brevet de policier, mais qui ne travaillent plus dans la police aujourd’hui. Plus difficile de ce côté-là. La troisième enfin : contacter des retraités de la police, âgés de 60 à 65 ans, et voir leur intérêt à venir à la rescousse. Ceux-ci travailleraient dans les bureaux et ne seraient pas armés. Leur engagement pour une durée maximale de six mois permettrait aux agents en place d’effectuer plus de tâches dans le terrain. Aucun contrat n’est encore signé avec des retraités, mais la démarche est en bonne voie. La police jurassienne souhaite obtenir un à deux équivalents plein-temps. Cette solution lui donnerait un peu de temps pour étoffer son effectif.

A noter encore que la police jurassienne développe en ce moment des collaborations avec d’autres polices cantonales, notamment neuchâteloise. /rch


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