Certains assureurs refusent de prendre en charge les prestations des psychothérapeutes en formation. Cette situation laisse des milliers de patients sans thérapeutes et met au chômage des centaines de professionnels
Le torchon brûle entre les psychologues et certaines caisses-maladie. La Fédération Suisse des Psychologues a déposé plainte jeudi contre Santésuisse auprès de l’Office fédéral de la santé publique. Depuis le 1er janvier, plusieurs caisses d’assurance-maladie ne remboursent plus les thérapies prodiguées par des psychologues en formation. Depuis l'entrée en vigueur du modèle dit de la prescription le 1er juillet dernier, la psychothérapie psychologique est devenue une prestation de l'assurance de base. Alors qu’ils devaient auparavant être sous délégation d’un médecin psychiatre pour être remboursés, les psychologues en formation dépendent désormais d’un psychologue-psychothérapeute. Ce changement de système pousse les caisses de l’association SantéSuisse à ne plus rembourser leurs prestations. Par conséquent, des patients arrêtent leur suivi pour ne pas avoir à payer de leur poche. « Il y a 12’000 personnes prises en charge par des psychologues en formation en Romandie et au Tessin qui se retrouvent sans thérapeutes, alors que certains collègues en formation sont mis au chômage », déplore Simone Montavon Vicario, présidente de l’Association Jurassienne et Bernoise francophone des psychologies, dans une situation actuelle où les places de psychothérapie sont insuffisantes et où certaines franges de la population suisse sont déjà fragilisées dans leur santé psychique, comme les enfants et les adolescents.
Selon la Fédération Suisse des Psychologues, le Conseil fédéral a confirmé à plusieurs reprises que la facturation des prestations des psychothérapeutes en formation devait se faire via les personnes encadrantes. « Si les assurances en question ne remboursent pas, elles n’accompliraient pas leur mandat légal de garantir les soins de santé de base aux patients », poursuit Simone Montavon Vicario, qui garde espoir que les négociations avec les assurances aboutissent.
Dans une réaction, Santésuisse qualifie la plainte de la FSP d'« incompréhensible ». L'association des caisses-maladie aurait proposé de prolonger la réglementation qui prévalait sur l'indemnisation des prestations des psychothérapeutes en formation, ce que la FSP n'aurait pas voulu. Avec cette « attitude intransigeante », la FSP est responsable de la situation difficile des psychothérapeutes, estime Santésuisse. C'est maintenant aux tribunaux de clarifier la situation. /comm-ats-jpi









