Selon le co-président de BioJura, les ventes de produits bio sont stables malgré l'inflation. La hausse des prix, modérée en Suisse par rapport à d'autres pays d'Europe, peut expliquer cette tendance
Les ventes de produits bio sont en baisse, en Europe. Alors que la filière s'était renforcée pendant la pandémie de coronavirus, avec une belle croissance dans de nombreux pays, les chiffres sont à la baisse : en France par exemple, la valeur des achats d'aliments issus de l’agriculture biologique a reculé de 1,3 % en 2021, par rapport à 2020. En Allemagne également, la tendance est à la baisse. En cause notamment, l'inflation.
Et en Suisse alors ?
Selon le journal Le Temps, la Suisse a connu de bons résultats par rapport à certains de ses voisins en 2021. Le chiffre d’affaires du bio a progressé, à plus de 4 milliards de francs. L'inflation pourrait aussi, à terme, freiner cette progression, mais d'après Joan Studer, co-président de BioJura, ses effets ne se ressentent pas beaucoup sur les ventes en ce début d'année.
« Actuellement, le bio résiste bien : notamment parce que l'inflation en Suisse est moins haute qu'ailleurs, mais aussi parce que les Suisses choisissent facilement des produits bio »
Pour Joan Studer, le bio résiste bien dans la région pour plusieurs facteurs : l'inflation est moins haute qu'ailleurs en Europe (ndlr : 2,8% en Suisse, contre 7,9% en Allemagne). « De plus, le pourcentage de salaire moyen consacré à l'alimentation est aussi plus bas en Suisse qu'ailleurs », d'après Joan Studer. L'agriculteur estime encore que l'achat de produits bio n'est pas seulement déterminé par l'économie ; selon lui, cela relève aussi de convictions. « De plus en plus de gens sont sensibles à leur alimentation, au mode de production et à l’impact que ça a sur la biodiversité. On sait que consommer bio est positif pour l’ensemble de ces facteurs », déclare le co-président de BioJura. Il dit encore ne pas craindre de baisse considérable des ventes si l'inflation venait à se poursuivre, même si un produit bio est en moyenne 30% plus cher que son équivalent dit conventionnel. /cto









