Vers des carnavals plus durables

Les festivités liées au carnaval débutent vendredi, et avec elles, des traditions bien ancrées ...
Vers des carnavals plus durables

Les festivités liées au carnaval débutent vendredi, et avec elles, des traditions bien ancrées. Si l’heure est à la joie de célébrer le retour de cette manifestation très populaire, elle est aussi à la réflexion : est-il possible de célébrer le carnaval de manière plus écolo ?

Costumes de seconde main, réflexion menée sur l'utilisation des confettis : les carnavals locaux essaient de réfléchir à leur empreinte carbone. A Delémont, on mise notamment sur la location de costumes et la réutilisation de matériaux sur les chars. (Photo d'archives : Georges Henz). Costumes de seconde main, réflexion menée sur l'utilisation des confettis : les carnavals locaux essaient de réfléchir à leur empreinte carbone. A Delémont, on mise notamment sur la location de costumes et la réutilisation de matériaux sur les chars. (Photo d'archives : Georges Henz).

Le Carnaval s’installera bientôt dans la région, et avec lui, les lancers de confettis, les gourmandises à gogo ou encore les costumes flamboyants. Mais qui dit traditions, dit aussi possibilité d’évolution : il y a quelques jours, la Fédération romande des consommateurs (FRC) publiait un article qui proposait des alternatives plus durables à certaines habitudes carnavalesques. Selon Erica Hennequin, présidente de la section jurassienne de la FRC, le fait de vivre un carnaval plus écolo passe notamment par la gestion des déchets... et nos habitudes de consommation : « A Carnaval, on consomme des merveilles, des cuisses de dames… Pourquoi ne pas acheter cela dans une boulangerie, chez un artisan local ? C’est plus frais, c’est meilleur, et puis on soutient le commerçant du coin. »


Artisans du coin et vaisselle réutilisable

A Bassecourt, la société de Carnaval n’a pas attendu les conseils de la FRC pour collaborer avec les artisans locaux. Laurent Haegeli, le président de la manifestation, ne jure que par le circuit court ; les boissons et la nourriture proviennent des commerces du village, voire de Delémont. La société de Carnaval des Franches-Montagnes fonctionne de la même manière : le président, Marc Boillat, assure travailler avec des bouchers, boulangers et fromagers taignons. Au même chapitre, les sociétés de Carnaval - comme tous les autres organisateurs de manifestations de la région - doivent désormais servir les victuailles dans de la vaisselle réutilisable. Une mesure imposée, qui doit permettre aux carnavals de diminuer - selon la solution choisie - leur bilan carbone.

Marc Boillat : « Le seul élément que l’on regrette par rapport à ça, c’est l’absence de partenaires locaux qui nous permettraient de louer de la vaisselle réutilisable. Si on avait un prestataire dans le Jura, il y aurait moins de trajets. » 

Miser sur moins de confettis… ou des confettis plus respectueux de la planète

Qui dit Carnaval, dit confettis. Et là, niveau gestion des déchets, ça se corse un peu. En 2020, le service de l’urbanisme, de l’environnement et des travaux publics de Delémont a ramassé 7 tonnes de déchets, après les deux cortèges du carnaval. A l’époque, de la vaisselle à usage unique jonchait encore quelques trottoirs, ce qui ne devrait plus arriver cette année... mais les confettis, eux, seront toujours de la partie. Ces déchets ne sont pas recyclables, car souvent souillés. Ils sont donc incinérés… Alors, faut-il pour autant s’en passer ? Pas forcément, d’après Erica Hennequin, à la FRC : « On peut décider d’en acheter moins… mais il faut surtout se renseigner sur la composition des confettis. Evitez ceux qui contiennent des microplastiques, qui sont un désastre pour l’environnement. Pour cela, il faut demander aux vendeurs de faire pression sur leurs fournisseurs, pour proposer des produits de qualité. »


Seconde-main et prise de conscience

Et pour le reste, alors ? A Bassecourt, on se passera des traditionnels feux d’artifice cette année, « pour des raisons écologiques, mais aussi budgétaires », explique Laurent Haegeli. Mais il y a aussi les chars, les décors, les costumes... Pour ces derniers éléments, les sociétés de Carnaval disent miser sur la seconde main. A Delémont, la société de Carnaval met en avant la location de costumes et récupère le maximum de matériaux lorsqu’elle démantèle ses chars, « de quoi servir à de futures réalisations », d’après Yann Beuret, président du comité. Au Noirmont, ce sont toujours des créations originales et faite à la main qui sont plébiscitées aux concours de masques, « pour éviter de récompenser des costumes tout faits commandés sur Internet », ajoute Marc Boillat. Pour Erica Hennequin, qui s’exprime en tant que présidente de la FRC, il y a une vraie prise de conscience de la population, en matière de durabilité : « Même les plus jeunes savent qu’il faut éviter de trop jeter. Couplé aux incitations des pouvoirs publics, qui veulent mettre en avant la réutilisation des objets, on est sur le bon chemin.»

Un site internet dédié à la planification d’événements durables est disponible : manifestation-verte.ch propose des recommandations gratuites, pour miser sur la durabilité des événements sportifs et culturels. /cto


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