Le corps enseignant de Stockmar a organisé un débrayage. Une quarantaine d’instituteurs du collège bruntrutain ont prolongé la récréation d’une quinzaine de minutes ce vendredi matin en signe de protestation. Des membres de la direction du Collège Thurmann ont également participé à cette grève. L’action intervient quelques jours après l’agression d’un instituteur par un élève.
Marc Philippe : « On leur demande qu’il assure notre sécurité dans notre travail »
Un manque de sécurité
Les enseignants dénoncent une « recrudescence des violences verbales et physiques » qui péjorent leurs conditions de travail. Ils demandent ainsi aux autorités cantonales de prendre des mesures pour assurer la sécurité du personnel. « On attend que les démarches pour placer certains élèves problématiques dans les structures adaptées se fassent de façon plus rapide », explique Marc Philippe, membre de direction et enseignant au Collège Stockmar.
Le ministre jurassien de la Formation, Martial Courtet, invité du journal de 12h15 vendredi, « comprend les craintes exprimées par les enseignants qui travaillent dans des conditions plus compliquées, surtout depuis la pandémie ». Toutefois, il assure que des mesures ont été prises ces dernières années, notamment avec la classe relais. En revanche, pour les cas plus lourds, cela ne dépend plus uniquement du canton. « Il y a des places limitées hors canton et au niveau politique, le petit canton du Jura a de la peine à revendiquer des places à Genève ou dans d’autres régions voisines qui sont prioritaires », affirme le ministre. « Nous allons écrire à l’ensemble des directions pour nous faire remonter des faits qui auraient pu survenir afin de pouvoir prendre des mesures complémentaires », assure Martial Courtet.
Entretien avec le ministre jurassien de la Formation Martial Courtet dans le Journal de 12h15
Un manque de soutien
Le manque de soutien au professeur agressé est également pointé du doigt par le corps enseignant. « On aurait souhaité un peu plus de soutien, notamment notre collègue qui n’a eu des nouvelles du Service de l’enseignement que le mercredi après-midi », raconte Marc Philippe. Toutefois, pour Martial Courtet, « la procédure est suffisante ». « Le chef du Service de l’enseignement s’est appuyé sur la direction de l’école et je rappelle que nous sommes en phase d’autonomisation des directions », répond-il. « Est-ce qu’il fallait que le ministre ou le chef de service soit en contact permanent avec l’enseignant ? Je ne pense pas, nous avons des directions qui fonctionnent et c’est ainsi qu’il faut travailler », explique Martial Courtet. Enseignants et ministre se rejoignent tout de même sur le fait que les enfants ont été bien encadrés à la suite de cet incident. /lge









