Les pêcheurs jurassiens s’inquiètent pour la survie du poisson. L’assemblée générale de la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens s’est tenue samedi à Saignelégier. L’occasion de se pencher sur les activités de la FCPJ, forte de 650 membres, qui ont par exemple élevé et remis 100'000 alevins dans les rivières et ruisseaux jurassiens l’année dernière. Une pratique indispensable pour assurer un bon empoissonnement des cours d’eau. Alain Christe, le président de la Fédération, indique que la faune piscicole a particulièrement souffert en 2022. La sécheresse a été dévastatrice. Heureusement des pêches de sauvetage ont permis de récupérer les poissons dans certains ruisseaux à sec. Alain Christe précise que « quand il n’y a pas beaucoup d’eau, une faible pollution peut être fatale pour les alevins ». Quelques semaines plus tard, c’est un champignon, la saprolégnia, qui a causé une surmortalité des truites et des ombres.
L'interview d'Alain Christe, président de la FCPJ, qui évoque l'élevage d'alevins.
Le cormoran sur le Doubs
Les oiseaux piscivores non autochtones posent également de gros problèmes, tant leur appétit est considérable. Le cormoran sévit aussi sur le Doubs. « La Confédération impose de protéger les oiseaux piscivores, mais impose aussi de protéger des poissons de souche, tels que l’ombre ». Le président de la FCPJ relève cette situation complexe. Alain Christe ajoute que « dans le Jura, il y a eu 650 preneurs de permis qui ont prélevé 550 kilos de truites l’année passée, mais un seul cormoran durant ses 12 ans d’espérance de vie ingurgite deux tonnes au minimum de poissons ». C’est un tableau bien sombre qui est dressé par la Fédération des pêcheurs : « On est à un stade où il faut trouver un équilibre ».
L’affaire du caissier indélicat
Fin 2021, on apprenait que la Fédération cantonale des pêcheurs jurassiens avait subi un vol de la part de son caissier. L’année dernière, les comptes ont été analysés. Il en ressort que la somme de 161'000 francs a été subtilisée. L’affaire suit son cours. Alain Christe relève que les comptes 2022 bouclent sur un léger bénéfice de 2'300 francs : « on arrive à remettre à flot nos comptes ». Le vol n’a pas eu forcément de conséquences sur les activités puisque l’argent subtilisé provenait de réserves, notamment un fond juridique. Le président de la FCPJ indique par exemple que si la Fédération veut s’opposer à un projet de construction, elle n’a pas les moyens pour faire opposition. /ncp










