L’agriculture jurassienne se porte bien mais des craintes subsistent

L’assemblée générale d’Agrijura a permis de constater ce vendredi que les différentes filières ...
L’agriculture jurassienne se porte bien mais des craintes subsistent

L’assemblée générale d’Agrijura a permis de constater ce vendredi que les différentes filières réalisent des chiffres honorables. Au rayon des craintes et défis d’avenir figurent notamment la répercussion de l’état des finances cantonales et le loup

La salle des fêtes de Alle était remplie pour l'assemblée générale d'Agrijura. La salle des fêtes de Alle était remplie pour l'assemblée générale d'Agrijura.

L’agriculture jurassienne se porte globalement bien, mais inévitablement des craintes et difficultés subsistent. L’assemblée générale d’Agrijura qui s’est tenue ce vendredi à Alle permet de constater que la plupart des filières, hormis la porcine qui fait face à des fluctuations de prix qui la rendent peu attractive, réalisent des chiffres honorables et que la branche a su défendre ses intérêts avec succès lors de divers sujets de votation en 2022. Seules deux exploitations jurassiennes, sur plus de 900, ont cessé leur activité l’année passée, alors que « d’autres cantons sont plutôt à 2% », rappelle le directeur d’Agrijura François Monin.


Réduction des subventions aux améliorations structurelles

Néanmoins, les mesures budgétaires cantonales qui visent l’agriculture restent une crainte, notamment la réduction des « subventions aux améliorations structurelles » qui laisse le paysan jurassien de plus en plus livré à lui-même pour ses investissements. « C’est toute la problématique. On a vu ces dernières années que la population et les consommateurs avaient des exigences et que la politique agricole définit des objectifs supplémentaires pour l’agriculture. Donc si on n’a pas les moyens pour aider les agriculteurs à moderniser leur outil de travail, l’agriculteur sera perdant mais aussi la société qui demande des améliorations qui ne pourront pas être atteintes », explique François Monin.

François Monin, invité du journal de 12h15

Autre préoccupation, bien que l’année 2022 ait été plutôt calme, le retour du loup qui a fait l’objet de plusieurs interventions. « Il faut s’en préoccuper avant qu’il n’y ait des drames dans nos familles paysannes et exploitations », lance un agriculteur présent dans la salle. « On se soucie de voir que des attaques sur bovins ont eu lieu dans le canton de Vaud. La législation est trop restrictive pour réguler correctement sachant que le loup n’a plus de prédateur, que sa population explose avec des migrations de loups d’Italie, des Balkans et d’Allemagne », expose à RFJ Corentin Marchand, membre du comité d’Agrijura en charge des questions liées à l’environnement et la faune sauvage.

Corentin Marchand : « La population de loups explose »

Invité de l’AG, le vice-président de l’Union suisse des paysans Francis Egger entrevoit à ce titre une campagne possiblement houleuse cette année. « La modification de la loi sur la chasse acceptée par le Parlement permet d’agir de manière préventive. Mais selon nos informations quelques organisations extrêmes pro-loup sont en train de lancer le référendum et on pense qu’elles vont obtenir les 50'000 signatures nécessaires. On voit des attaques sur bovins, que les meutes augmentent, que le loup n’est plus seulement en montagne mais en plaine. C’est un problème et il ne faut pas attendre un accident majeur pour intervenir », plaide Francis Egger.

Francis Egger : Vers un référendum sur le loup

Le vice-président de l’USP s’est par ailleurs voulu rassurant envers la quinzaine de producteurs jurassiens de tabac à la suite de la fermeture programmée de l’usine BAT à Boncourt. Les deux usines restantes dans les cantons de Neuchâtel et Lucerne, qui investissent, laissent encore selon lui entrevoir un avenir pour la branche. /jpi

Quelques chiffres de l'AG d'Agrijura en bref :

  • Sur les 907 exploitations jurassiennes en 2022, 705 produisaient selon les normes PER et 202 selon les normes BIO (plus de 21% des exploitations, au-dessus de la moyenne suisse et en tête des cantons romands).
  • La surface moyenne approche les 45 hectares et l’agriculture jurassienne occupe près de 1500 emplois à plein temps.
  • La production laitière, estimée à 90 millions de kg en 2022, est en baisse après une forte hausse l’année précédente. 30 millions de kg sont destinés à la transformation en fromage, un record, tandis que la part baisse en lait d’industrie. 3 producteurs ont arrêté la filière fromage, 7 exploitations ont cessé la filière industrie.
  • 3'832 bovins ont été commercialisés (+7/2021) et les prix de la tabelle Proviande atteignent des niveaux historiquement hauts.
  • Les comptes 2022 d’Agrijura, qui bouclent sur un bénéfice de 13'083 francs, ont été acceptés à l’évidente majorité, tout comme ceux des filiales Prestaterre (-12'739 CHF) et Terrentraide (+1'355 CHF). 
  • Le budget 2023 d’Agrijura, qui table sur un déficit de 1'550 francs, a été approuvé à l’évidente majorité, tout comme celui des filiales Prestaterre (+1'630 CHF) et Terrentraide (+1'100 CHF). 
  • Corinne Gerber, représentante pour l’Association des paysannes jurassiennes, se retire du comité d’Agrijura après 13 ans d’activité. Sa remplaçante, Edwige Steulet de Bourrignon, a été élue par acclamation.


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