Elle est attendue avec impatience par les agriculteurs de la région, la pluie devrait faire son retour cette semaine après une longue période de sécheresse. Il faut remonter au 17 janvier dernier, près de deux mois, pour retrouver trace de précipitations conséquentes d’au moins 10 mm. Les quelques gouttes tombées lors de la dernière semaine de février n’ont pas eu grand effet sur les sols. « Il y a aussi des disparités locales, l’Ajoie a eu un peu plus d’eau fin février que les autres secteurs », commente Frédéric Glassey de Meteonews. Les agriculteurs, eux, doivent s’adapter à cette nouvelle donne.
« On se pose déjà la question de la quantité de fourrage disponible pour l’année »
Spécialiste des productions végétales auprès d'Agrijura, l'agriculteur Jean-Bernard Chavanne constate des changements météorologiques importants ces deux dernières décennies et la fin des hivers rigoureux ou humides. « C’est complètement différent maintenant avec des hivers doux et sec. On se pose déjà la question de la quantité de fourrage disponible pour l’année. Mais on peut encore avoir un printemps et un mois d’avril très mouillé qui peut rebattre les cartes », explique Jean-Bernard Chavanne. Selon Meteonews, la dernière simulation sur les dix prochains jours fait état de 70 à 80mm de précipitations.
Jean-Bernard Chavanne : « les cultures ne souffrent pas de stress mais ne font pas de réserves non plus »
« Juste sur les prochains jours, on attend 20 à 30mm, voire plus. Ce serait suffisant pour l’instant pour ne pas créer de manque et de stress sur les cultures », estime encore l’agriculteur de Coeuve. La nature n’aimant aucun excès, l’idéal serait une alternance de « beau temps » et de pluie sur le printemps. Mais les paysans constatent de plus en plus que les périodes de sécheresse s’allongent, tout comme les périodes de pluie, rendant la météo moins « aléatoire ». « La grande question est de savoir si cela annonce un printemps et un été aussi très sec. Car les cultures ne souffrent actuellement pas de stress mais elles ne font pas de réserves non plus. Or, si on a encore des périodes de sec en mai ou juin comme lors des dernières années, ça pourrait poser problème », craint Jean-Bernard Chavanne. Les simulations sur un mois, plus imprécises et donc moins pertinentes, évoquent des précipitations supérieures à 100mm. Le monde agricole espère surtout le retour d’un temps variable et d’un certain équilibre naturel. /jpi









