Depuis ce samedi, le Centre Dürrenmatt propose une plongée dans l’intimité de l’artiste avec une nouvelle exposition. Elle s’intitule « La Chapelle Sixtine de Friedrich Dürrenmatt » et rend hommage à une œuvre du même nom qui recouvre les anciennes toilettes du Bernois
Friedrich Dürrenmatt ne s’était certainement pas imaginé qu’un jour les murs de ses toilettes se retrouveraient exposés dans un musée. Et pourtant, c’est bien le point de départ de la nouvelle exposition du centre dédié à l’artiste à Neuchâtel. Intitulées « Chapelle Sixtine », ces fresques murales sont visibles depuis plusieurs années dans le Centre, mais jamais encore une exposition entière n’avait été dédiée à ces dernières.
C’est la famille du peintre et écrivain bernois qui a nommé ses cabinets en l’honneur de l’œuvre de Michel-Ange. Plusieurs interprétations existent, mais elles ne sont en tout cas pas blasphématoires, ni réellement provocatrices, selon Duc-Hanh Luong, commissaire de l’exposition. « Il s’agit plutôt d’un clin d’œil car Friedrich Dürrenmatt était fasciné par Michel-Ange et, non sans un peu d’humour, Dürrenmatt expliquait qu’avec la disparition progressive des chapelles privées, les toilettes sont devenues un lieu de calme pour réfléchir et méditer. »
Duc-Hanh Luong : « Pour Dürrenmatt, les toilettes étaient un lieu propice à l’émergence de nouvelles idées. »
Lors de l’exposition, le public peut à la fois découvrir un éclairage sur certains symboles présents dans cette « chapelle », mais également d’autres fresques murales peintes par Dürrenmatt dans ses différents logements. Duc-Hanh Luong explique qu’il s’agit là d’un aspect fort de sa personnalité : « On sent ce besoin et cette envie qu’il avait d’être entouré d’images ».
Duc-Hanh Luong : « Friedrich Dürrenmatt a fait des fresques dans tous ses logements. »
Cette plongée dans l’intimité du peintre et écrivain s’inscrit dans une dynamique de mise en valeur de lieux de vie que le Centre poursuit depuis 2021. Les fresques issues de ses habitations permettent, entre autres, de découvrir une nouvelle facette de l’artiste. « On sent, par exemple, qu’il a pris beaucoup de liberté pour dessiner et peindre la Chapelle Sixtine. On y voit certains motifs que l’on ne retrouve pas dans ses autres tableaux », explique Duc-Hanh Luong. « Ces facettes plus intimes de la vie du peintre sont complémentaires aux restants de ses œuvres. » Cette intimité, le public est invité à s’y immerger totalement grâce à des postes de réalités virtuelles. Il est ainsi possible de découvrir l’intérieur de cette chapelle atypique comme si on y était.
Duc-Hanh Luong : « On a l’impression que Dürrenmatt a complètement laissé cours à son imagination. »
L’exposition « La Chapelle Sixtine de Friedrich Dürrenmatt » est à découvrir jusqu’au 16 juillet 2023. Le Centre Dürrenmatt indique encore qu’elle est accessible à tous les publics et en a profité pour inaugurer un nouveau type de visites guidées intitulées « Le CDN en famille ». Dès avril, tous les dimanches du mois à 14h, les enfants pourront participer à des ateliers créatifs pendant que leurs parents visitent l’exposition. /cde










