Le Conseil des Etats a accepté mardi une motion pour mieux détecter l’endométriose et promouvoir la recherche sur les maladies qui touchent majoritairement les femmes. C’est une décision qui souligne une volonté de pallier un manque de connaissances dans les milieux médicaux et qui soulagera les femmes de la région ainsi que de tout le pays
Voilà une bonne nouvelle pour les femmes qui souffrent notamment d’endométriose ou autres maladies dites féminines. Le Conseil des États a approuvé, ce mardi, deux objets visant à mieux les détecter et les connaître.
Une personne endométriosique mettra en moyenne sept ans à se faire diagnostiquer. D'après Laura Parziale, médecin-cheffe en gynécologie et obstétrique de l'Hôpital du Jura : « Les choses sont en train de changer. L'endométriose, comme de nombreuses maladies majoritairement féminines, est un sujet de plus en plus discuté. » Avant de poursuivre : « L’objectif est d’éviter de longues années d’attentes avant de poser un diagnostic et de commencer un traitement. Le risque majeur étant l'infertilité. » /elo
Laura Parziale : « Il faut prêter attention aux adolescentes chez qui les douleurs de règles ne disparaissent pas avec la pillule. Dans 70% des cas, il s'agit de l'endométriose. »
Le commentaire
Avoir des douleurs très intenses lors des règles, ce n’est pas normal, contrairement aux idées reçues. Et c’est peut-être même le signe d’une endométriose. Une maladie qui est souvent diagnostiquée tardivement, au bout de sept ans en moyenne, et qui touche une femme sur dix en Suisse.
L’endométriose, par définition, c’est la maladie de l’endomètre, c’est-à-dire du revêtement interne de l’utérus. Les cellules qui le composent grandissent et se propagent en dehors de la cavité utérine. Ces foyers d’endométriose peuvent envahir la zone du bassin, et se répandre du vagin aux ovaires, jusqu’à l’intestin. Un peu comme la forêt de ronces qui se forme autour du château de la Belle au Bois dormant.
Sauf que là, très loin du conte de fées, les femmes qui en souffrent vivent un enfer. Une stérilité à la clé pour certaines, une mise en ménopause bien avant l’âge pour d’autres, ceci couplé à des effets dévastateurs sur la sexualité. Et surtout, une peine énorme à être prise au sérieux. En effet, si cette maladie est tellement difficile à repérer et à combattre, c’est qu’elle reste encore passée sous silence. Malgré son caractère invalidant, beaucoup de femmes ont appris à vivre avec.
Heureusement aujourd’hui, on en parle de plus en plus dans la sphère publique et les médecins sont également mieux formés pour la reconnaître. En témoignent les décisions comme celles de mardi qui laissent espérer que l’on puisse, à l’avenir, raccourcir ce délai. Car, oui, un diagnostic précoce pourra non seulement faciliter le traitement et préserver la fertilité mais surtout légitimer et valider les souffrances de celles qui les subissent.









