Le nouvel horaire CFF 2025 n’en finit plus de faire réagir : mercredi matin, Moutier a publié un communiqué et a déclaré regretter une décision qui nuit à l’attractivité de la région. Porrentruy et le SIDP se sont exprimés mardi, et la veille, Delémont et d’autres villes romandes se sont unies pour dénoncer l’annonce des CFF. Parmi les changements à l'horizon 2025, la suppression de la liaison directe entre l’Arc jurassien et Genève pour 10 ans.
Outre les villes, la section jurassienne de l’Association transports et environnement a aussi publié un communiqué pour dénoncer une dégradation de l’offre ferroviaire. Et parmi les points avancés par les villes et autres associations, il y a l’argument climatique.
Le commentaire de Caroline Toussaint :
« Un non-sens écologique » : c’est ainsi que les autorités ajoulotes ont décrit le nouvel horaire CFF, présenté la semaine passée. Des parcours plus longs, plus de changements, plus d’attente, sans parler du prix du billet… qui va aussi augmenter.
Toutes ces augmentations ne rendent pas le train plus attractif. Dans les faits, ça donne ça : vous, moi, citoyen ou citoyenne lambda, on planifie un séjour à Genève. Temps de trajet, 2h 40 depuis Delémont, c’est plus ou moins pareil en train qu’en voiture. Mais il y aura les changements, désormais : deux, à la gare de Bienne et de Renens. Et pour peu que vous partiez avec des bagages ; et, je ne sais pas moi, un bébé et un lit parapluie, ça en fait, de la logistique. Enfin, il y a le prix du train : bien plus cher qu’un plein d’essence, malheureusement.
Alors, c’est très urgent, très beau et honorable d’économiser 40 kg de CO2 en préférant le train à la voiture sur ce trajet-là. Mais qui va vraiment préférer se plier à des horaires fixes, visiter les gares de Bienne et Renens, et payer davantage ?
C’est dommage, parce qu’il est pourtant l’heure d’encourager l’effort. D’encourager ceux qui font le choix de la sobriété, des transports plus durables, du collectif sur l’individuel. Encourager ceux qui veulent limiter leur impact, alors que les effets du changement climatique sont là, et que chaque dixième de degré compte. L’heure du choix est aussi aux politiques et aux entreprises : qu’ils aident chacun à faire sa part... Ce qui compte, à l’heure actuelle, c’est la trajectoire collective.









