Un époux et père de famille a été condamné ce mercredi à 180 jours-amendes avec sursis pour lésions corporelles simples, menaces, contrainte et injures envers son épouse mais aussi la violation du devoir d’assistance et d’éducation envers ses deux jeunes filles
L’affaire de violences conjugales et familiales qui occupait le tribunal pénal à Porrentruy depuis mardi a finalement débouché sur une petite peine. Un époux et père de famille delémontain a été condamné ce mercredi à 180 jours-amendes à 10 francs avec sursis pour lésions corporelles simples, menaces, contrainte et injure envers son épouse ainsi que pour la violation du devoir d’assistance et d’éducation envers ses deux jeunes filles. Il devra en outre leur verser 3'000 francs pour tort moral, et 1'000 francs à son épouse. Les deux jeunes filles ont été reconnues par le tribunal comme les « principales victimes » de cette affaire. Les juges ont retenu que le père avait abusé de son droit de correction dans une éducation « archaïque » et que les enfants en « portaient encore les stigmates aujourd’hui, n’ayant plus d’élan d’affection pour leur père ». « Ce dossier doit faire comprendre que les violences contre les enfants commises à titre éducatif n’ont pas leur place dans notre société. Ce n’est pas un problème culturel, mais d’éducation, peu importe l’origine des parents », a réagi Me Patricia Boillat, défenseure des deux filles.
Me Patricia Boillat : « Les violences commises à titre éducatif contre des enfants n'ont pas leur place dans notre société »
Dans les violences conjugales, les juges n’ont en revanche pas retenu le viol ni la contrainte sexuelle, infractions insuffisamment étayées selon la justice qui retient aussi des exagérations dans l’accusation. « En dehors de la parole de madame, on n’a rien d’autre, ce qui laisse un point d’interrogation, et les accusations d’ordre sexuel arriveront tardivement. On ne peut exclure qu’elle ait exagéré pour que son mari reste en détention plus longtemps », a justifié la juge Corinne Suter. Le tribunal a également « éprouvé des difficultés à concevoir » le souhait de l’épouse d’avoir un troisième enfant dans le contexte d’enfer conjugal qu’elle décrivait. « L’essentiel est acquis, car les infractions les plus graves n’ont pas été retenues », commente l’avocat de l’époux, Me Jean-Marie Allimann, qui évoque une sanction « pas sévère ». L’avocate de la plaignante, Me Selena Mettez, évoque à l’inverse une « déception à laquelle on peut s’attendre dans le cadre de violences conjugales. Il faut encore le prouver et les preuves n’étaient pas suffisantes aux yeux du Ministère public et des juges ».
Me Jean-Marie Allimann : « Une peine pas du tout sévère »
Me Selena Metthez : « Les preuves n'ont peut-être pas été suffisantes »
Des violences (hormis celles touchées par la prescription), menaces et contraintes ont en revanche bien été reconnues dans un dossier étayé sur ce point par des rapports médicaux et un diagnostic de « stress post-traumatique typique des cas de violences conjugales ». La déposition du mari, qui niait avoir frappé sa femme, a été jugée moins convaincante que celle de la victime, car variant sur plusieurs détails. Les lésions corporelles n’ont pas été reconnues envers les jeunes filles, car le dossier ne contient « aucune photo, constat ou signalement » et les voies de fait qui auraient pu être retenues sont prescrites. /jpi









