C’est un clown qui veut faire réfléchir. Le Cirque de Loin présente depuis jeudi et jusqu’à samedi « L’homme n’existe pas », un spectacle écrit par Noah Egli, artiste de 36 ans qui a grandi dans les Franches-Montagnes. La troupe a monté son chapiteau sur la place de la Cantine à Saignelégier. C’est là que le public a pu découvrir le spectacle qui propose de questionner sur la masculinité en jouant avec les clichés. « Le fil rouge, c’est un clown qui veut prendre un bain, explique Noah Egli. Et avant qu’il puisse le faire, il lui arrive plein de choses. Il découvre peu à peu les clichés de la masculinité et ce que peut être un homme. » Le projet, d’abord imaginé en solo, est devenu celui de trois personnes finalement. « Je l’avais imaginé pour moi, explique Noah Egli, mais petit à petit, d’autres personnes se sont greffées. Il y a un musicien et une personne qui s’occupe d’animer la scénographie. Il y a de nombreux éléments suspendus. »
« Il y a un côté clownesque qui part de plus en plus en couille »
Une mise à nu pour questionner
Dans son spectacle, Noah Egli se met à nu au propre et au figuré puisqu’il y apparait dans le plus simple appareil. « Ce qui nous intéressait, c’est d’essayer de sortir un peu des salles de sport, des clichés, et de jouer avec la nudité, de mettre en scène le corps et tout ce qui en fait partie. Il y a une partie du public que cela peut déranger, mais pour le moment c’est assez bien accepté. Avant le spectacle, c’est souvent un sujet de discussion, la nudité, puis après la représentation ça l'est beaucoup moins. Car ce n’est ni sexualisé, ni « gnan-gnan ». Ce sont deux êtres humains qui se rencontrent sur scène. »
« On voulait jouer avec la nudité, mettre en scène tout ce qui fait partie de notre corps »
Un retour aux sources « émouvant »
Noah Egli a grandi dans les Franches-Montagnes. C’est aussi là qu’il a réalisé son apprentissage. Jouer à Saignelégier revêt une saveur particulière pour cet enfant du coin. « J’étais stressé jeudi soir, c’était comme une petite première pour moi, avoue-t-il. Dans le public, il y avait des gens avec qui j’étais à l’école enfantine, des parentés de là où j’ai fait mon apprentissage. Au moment des applaudissements, j’étais très ému. C’est comme une grande famille et je me rends compte c'est clair que je viens d’ici. »
Le spectacle « L’homme n’existe pas » du Cirque de Loin sera joué encore vendredi et samedi soir à Saignelégier à 20h30, puis la troupe s’en ira à Bâle puis à St-Gall. /tna









