L’animal est suspecté d’être à l’origine du décès de sept moutons sur le Chasseral la semaine dernière. Mais ces actions ne sont pour l’heure pas encore suffisante pour autoriser son abattage. L’Association suisse pour la protection des territoires contre les grands prédateurs demande pourtant que le tir soit autorisé
Le Canton doit immédiatement autoriser l’abattage du loup dans la région. L’Association suisse pour la protection des territoires contre les grands prédateurs (ASPTcontreGP) monte au créneau après l’attaque de la semaine dernière qui a coûté la vie à sept moutons sur le Chasseral. Elle a écrit une lettre à l’Inspectorat de la chasse du Canton de Berne pour réclamer la mise en œuvre de l’autorisation de tirer le canidé. Dans la missive, l’association rappelle les faits et explique que les critères nécessaires à la promulgation de la mesure sont réunis selon l’Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (OChP). A savoir, il faut qu’un individu tue « au moins six animaux de rente en quatre mois », expliquent les auteurs.
Reste qu’à l’heure actuelle, il n’est pas encore établi de façon totalement certaine qu’un loup est bien à l’origine du massacre. Contactée, la Direction de l’économie, de l’énergie et de l’environnement (dont dépend l’Inspectorat de la chasse) nous a expliqué que des analyses sont en cours pour établir les causes des décès et pour déterminer si une bête seule a commis ces actes. Par ailleurs, poursuivent les autorités, tous les critères ne sont pas encore réunis pour autoriser l’abattage.
Car selon l’OChP, il faut non seulement qu’un individu tue au moins six animaux de rente, mais qu’en plus « ses congénères aient causé des dommages auparavant ». Un point qui fait défaut à l’heure actuelle, nous a-t-on détaillé. Secrétaire général de l’ASPTcontreGP, Ronald Sommer dit ne pas comprendre cet argument. « Nous serons obligés d’attendre, mais c’est malheureux, car cela ne va pas en rester là », déplore-t-il.
Des craintes pour le bétail… et pour la population
La présence du loup dans le Jura bernois est attestée depuis plusieurs mois. Des traces ont été retrouvées en fin d’année dernière à Sauge et Péry-La Heutte. En février, c’est un piège photographique qui a permis d’immortaliser le canidé du côté d’Orvin. Et les animaux de rente ressentent bien cette présence. Ronald Sommer explique avoir reçu des témoignages d’éleveurs du Chasseral qui lui ont confié que leurs bêtes présentaient des signes de stress. Et des animaux nerveux peuvent aussi devenir des animaux dangereux avec la population puisqu’ils tendent à s’en prendre plus facilement aux promeneurs qui croisent leur chemin. C'est le cas, par exemple, des vaches dont les jeunes sont notamment ciblés par le loup. Jusqu’ici toutefois, aucune attaque n’avait pu être confirmée même si des soupçons ont pesé dans des cas précédents, explique le secrétaire général de l’ASPTcontreGP. Mais pourquoi alors vouloir abattre le loup au lieu de mettre en place des mesures de protection ? Ronald Sommer est clair sur ce point : si ériger une barrière électrique peut être efficace un certain temps, le loup trouvera un moyen de contourner la clôture.
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