La Fondation pour l'aide et les soins à domicile doit faire face à de nombreux défis. Entre problèmes de financement, réorganisation contestée et pénurie de personnel, la FAS a demandé le soutien de l’État
La Fondation pour l’aide et les soins à domicile du canton du Jura (FAS) traverse une période difficile. Alors qu’elle observe depuis plusieurs années un recul du nombre de patients, la FAS rencontre des problèmes liés à son financement. Elle doit également faire face à la pénurie de personnel qui touche tous les acteurs de la santé. Une réorganisation initiée l’an dernier a, par ailleurs, suscité des départs et le dépôt d’une interpellation au Parlement jurassien. Les défis sont nombreux et la fondation en appelle aujourd’hui à l’aide de l’État.
Concrètement, l’institution peine de plus en plus à couvrir ses coûts. La FAS a bouclé 2022 avec un déficit d’environ 380'000 francs. Selon son directeur, Ian Hennin, le système de financement actuel ne permet plus d’exécuter les différentes missions confiées par l’État. La fondation a donc sollicité l’appui du canton du Jura. « Nous avons proposé de procéder à une analyse complète pour identifier des solutions », indique Ian Hennin.
Ian Hennin : « Nos prestations ne sont plus couvertes par le financement »
Le directeur de la FAS souligne que si la fondation jurassienne pouvait bénéficier du système de financement en vigueur à Moutier, elle dégagerait un solide bénéfice. Ian Hennin estime donc qu’un débat politique doit avoir lieu sur cette question, d’autant que la fondation connait depuis plusieurs années un recul du volume d’heures facturées. « Cette situation nous oblige à nous adapter, à revoir la façon de délivrer nos prestations », ajoute le responsable.
Une « vague de démissions » qui inquiète
Une réorganisation a justement été mise en place à la mi-2022 avec l’instauration de plus petites équipes de travail. L’objectif principal est de diminuer le tournus de personnel pour les patients. Cette nouvelle stratégie a toutefois suscité des turbulences. Une députée suppléante a même déposé une interpellation au Parlement jurassien pour demander des explications au Gouvernement jurassien concernant une « vague de démissions sans précédent ».
À l’origine de la démarche, la PCSI Sophie Guenot dit avoir recueilli plusieurs témoignages d’employés au sujet de cette réorganisation. Il en est ressorti, selon elle, « une grande fatigue du personnel, un manque de soutien et d’écoute ».
Sophie Guenot : « Ces changements ont amené un surcroit de stress »
Le directeur de la Fondation pour l’aide et les soins à domicile reconnait un certain nombre de départs. Il n’est toutefois pas possible, selon Ian Hennin, de tous les attribuer à la réorganisation. Des départs à la retraite et des opportunités dans d’autres institutions ont également poussé des employés à s’en aller. Ian Hennin admet cependant que la nouvelle stratégie a causé des problèmes. « La mise en place a été faite rapidement, parfois avec un manque d’écoute. Raison pour laquelle, nous avons tout de suite mis en place une série de mesures pour remédier à la situation », explique le responsable. Ian Hennin évoque notamment la mise en place de fusions d’équipes dans le but d’éviter trop de cloisonnements. Des intérimaires ont également été engagés. D’autres mesures suivront ces prochains mois, notamment l’instauration d’une commission du personnel et de groupes de travail.
Ian Hennin détaille les ajustements mis en place
Ian Hennin souligne que la réorganisation a aussi eu des effets positifs. Elle a permis de considérablement réduire les coûts de transport, et donc l’empreinte carbone de la fondation. Notez que l’interpellation de Sophie Guenot sera traitée par le Parlement jurassien lors de sa séance du 6 septembre.
Une nouvelle responsable RH
Au chapitre organisationnel, le conseil et la direction de la Fondation pour l’aide et les soins à domicile ont récemment nommé Julie Fleury au sein du comité de direction. Actuellement responsable recrutement et marketing RH à l’Hôpital du Jura, cette habitante de Coeuve rejoindra la FAS le 1er novembre pour occuper la fonction de cheffe du département des ressources humaines. /alr









