Le sous-sol du bâtiment delémontain abrite une genizah, une pièce dédiée aux livres et autres documents sacrés inutilisés. Probablement une des dernières, voire la dernière genizah de Suisse
La synagogue de Delémont renferme un secret bien gardé... mais qui dévoilera tout son mystère ce dimanche, lors de la Journée européenne de la culture juive.
Marianne Becker, présidente de l'Association des amis de la synagogue de Delémont, a invité Cloé Boucon, une étudiante française en Histoire du Livre. Elle donnera une conférence à propos des genizah. « C’est là qu’on déposait les livres de prière, avec un rituel particulier, pour qu’ils meurent tranquillement. Dans la religion juive, on ne détruit pas un document qui mentionne Dieu », explique Marianne Becker. D’autres éléments pouvaient aussi y être déposés : « Des articles de journaux, des talits (le châle de prière des hommes de confession juive), ou encore des mappas (le tissu utilisé lors de la circoncision) », précise Marianne Becker.
La genizah de Delémont, témoin du passé
A Delémont, la genizah se situe dans la cave de la synagogue. « A vue d’œil, l’endroit n’a rien d’extraordinaire. C’est juste de la terre battue. Une fenêtre grillagée mais sans vitre laisse passer de l’air et de la lumière », raconte Marianne Becker. Quelques pages de livres se décomposent, témoins de l’histoire de la communauté israélite delémontaine… une communauté qui s’est éteinte dans les années 70. « La dernière famille juive de la région n’a eu pratiquement que des filles… qui ont déménagé hors canton, ou qui se sont mariées avec des chrétiens. Ainsi, peu à peu, il n’y a plus eu assez d’hommes pour organiser des offices à la synagogue », explique Marianne Becker. Elle ajoute qu’il faut un minimum de dix hommes pour faire un office, « c’est le minian ».
Synagogue toujours en « activité »
Voilà pourquoi la synagogue de Delémont reste la plupart du temps fermée. « Mais elle est toujours en activité », précise Marianne Becker. « La Torah est toujours dans l’armoire sainte. On pourrait, à n’importe quel moment, recréer un office, si dix hommes juifs étaient là. » Aujourd’hui, le bâtiment est géré par l’Association des amis de la synagogue de Delémont. Des portes ouvertes sont organisées chaque année et Marianne Becker tente d'inviter des intervenants pour des conférences, afin de faire connaitre les lieux et rappeler l’histoire de la communauté juive de Delémont.
La conférence de Cloé Boucon, étudiante en Histoire du Livre à Lyon, s’intéressera à la genizah de Delémont et aux genizots alsaciennes. Un rendez-vous est donné dimanche à 16h à la synagogue de Delémont. /cto









