Une centaine de guêpes parasitoïdes ont été lâchées lundi après-midi sur les hauteurs de Delémont. Une première en Suisse ! Agroscope et le CABI sont les porteurs de cet essai
Le CABI à Delémont a été le théâtre lundi après-midi d’une première suisse dans le cadre de la lutte contre un insecte ravageur. Une nouvelle guêpe parasitoïde (Ganaspis brasiliensis), originaire d’Asie de l’Est, a été lâchée sur les hauteurs de la capitale jurassienne. C’est la première fois qu’une espèce exotique est introduite sur le sol helvétique. Son rôle : lutter contre la drosophile du cerisier (Drosophila suzukii), un ravageur qui détruit les baies, les fruits à noyaux et la vigne. Il s’agit de la phase expérimentale. Ce projet est porté par Agroscope, le centre de compétence de la Confédération dans le domaine de la recherche agronomique et agroalimentaire, et le CABI, un centre de recherche international basé à Delémont.
Reportage lors du lâcher de guêpes à Delémont
Lukas Seehausen explique que les guêpes asiatiques ont été testées en laboratoire et à l’extérieur en cages : « Ça présente un risque très bas pour la biodiversité », selon le scientifique du CABI. Ce dernier ajoute qu’il n’y aurait non plus pas de risque pour l’homme puisque ces petites guêpes, qui ne mesurent pas plus de quelques millimètres, ne piquent pas.
Pour Agroscope, l’introduction de cette nouvelle espèce représente aussi un moyen de se passer de la chimie et de trouver des alternatives aux produits phytosanitaires. Membre de direction et responsable du domaine de recherche en protection des plantes à Agroscope, Alain Gaume explique qu’il y aura des comptages sur le terrain ces prochaines années pour analyser l’évolution de la population de guêpes.
Alain Gaume : « On espère qu’elles vont se plaire chez nous »
Alain Gaume ajoute que d’autres lâchers de Ganaspis brasiliensis se dérouleront cette semaine au Tessin. « Nos cultures doivent être protégées mais il faut le faire avec des outils acceptables et efficaces », relève le membre de la direction d’Agroscope.
Alain Gaume : « L’enjeu est crucial pour la production suisse, voire internationale »
Aussi coordonnés par le CABI, des lâchers ont déjà eu lieu en Italie il y a trois ans, aux Etats-Unis ainsi qu’en France la semaine passée, note Alain Gaume. Les premiers résultats obtenus dans ces pays semblent prometteurs. /ech










