Un agent pastoral a été reconnu coupable jeudi d’actes d’ordre sexuel avec enfant. Le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy a infligé 240 jours-amendes, à 100 francs, assortis d’un sursis de deux ans à cet homme qui travaillait en Ajoie au moment des faits. Révélés l’année dernière, ils ont mis fin à ses contrats de travail. Ils s’étaient déroulés entre 2008 et 2011 sur deux adolescentes.
Une proximité qui gène
L’agent pastoral avait pour mission d’être proche des jeunes, de les écouter, de les accompagner et au besoin de les consoler. Dans le premier cas, l’homme a noué une relation particulière avec la jeune fille qu’il côtoyait lors d’activités pastorales. Il reconnaît l’avoir prise sur ses genoux, lui avoir caressé les cuisses et lui avoir prodigué un massage du dos à même la peau. Mais il a demandé l’acquittement en estimant que ces gestes n’étaient pas d’ordre sexuel. La plaignante, qui était tombée amoureuse de lui, a affirmé que ses mains effleuraient l’entre-jambes et s’attardaient volontairement sur le bord de sa poitrine. Des faits commis régulièrement lors de tête-à-tête dans le bâtiment de la paroisse. La juge pénale Marjorie Noirat a considéré les propos de la victime crédibles. Elle s’était à l’époque confiée en partie à des amies et, lors de la procédure, elle n’a pas exagéré. La magistrate a reconnu que ces faits tombaient sous le coup d’actes d’ordre sexuel avec enfant. Elle lui a alloué 3'000 francs pour tort moral.
Par rapport aux actes commis sur la deuxième victime, qui ne s’est pas constituée partie plaignante, la juge a libéré le prévenu. L’homme a toutefois reconnu avoir enlacé l’adolescente. Auditionnée en tant que témoin, elle a affirmé qu’il lui avait dit : « je t’aime ». Bien que c’était inapproprié, la justice considère que ce n’est pas pénalement répréhensible.
Un changement de cadre légal
Le procureur a requis une peine privative de liberté avec sursis qui n’a pas été retenue par la juge pénale. Le jugement a dû être établi en fonction du cadre légal en vigueur à l’époque des faits. Aujourd’hui, Marjorie Noirat a relevé que les dispositions juridiques sont plus sévères. /ncp









