La 35e édition de la manifestation bat son plein ce week-end. Thème choisi cette année, l’arbre est au cœur de l’événement, tout comme il est au cœur de l’agroforesterie, sujet abordé lors d’une présentation donnée samedi matin
Remettre l’arbre au centre des cultures. C’est l’un des principes de l’agroforesterie. Le thème a été abordé samedi matin lors d’une présentation au Marché bio de Saignelégier. C’est Victor Egger qui est venu présenter le sujet aux visiteurs. Responsable de la station d’arboriculture à la fondation rurale interjurassienne, l’habitant de Fontenais a tout d’abord rappelé que l’agroforesterie n’est pas nouvelle, et que les arbres faisaient autrefois pleinement partie du paysage de l’agriculture. « Cette agroforesterie traditionnelle a peu à peu disparu après-guerre lorsque l’agriculture a subi de nombreuses mutations, explique Victor Egger. Les cultures ont été rationalisées, on s’est spécialisé. » Aujourd’hui pourtant, l’agroforesterie représente, selon lui, un outil non négligeable à disposition des agriculteurs, nécessitant toutefois quelques adaptations. « Avec la mécanisation, les changements alimentaires, on a dû changer les principes. Il faut retrouver une utilité à ces arbres comme une utilité de production, ou encore par rapport à l’érosion. Dans ces cas-là, l’arbre peut avoir une fonction qui est à mon avis à exploiter. Il ne s’agit pas de remettre des vergers comme il y a 200 ans. Il faut mettre en place des systèmes qui sont rationnels et qui permettent une exploitation agronomique qui soit viable. Car la durabilité inclut aussi l’aspect économique » précise Victor Egger.
Victor Egger : « Il faut mettre en place des systèmes viables et durables »
Pas de perte économique
Intégrer des arbres ou des haies dans les cultures, forcément, cela prend de la place. Pourtant, le modèle ne devrait pas engendrer de pertes économiques selon Victor Egger. « Les modèles disent qu’après la récolte du bois ou des fruits ça s’égalise sur le long terme. En associant ces deux cultures, on a plutôt un bonus. C’est plutôt un complément et un pari dans l’avenir. Et avec les perturbations climatiques ou ces dérèglements, cela peut-être un outil qui permet de tamponner ce genre de choses. »
Victor Egger : « Si l'on associe ces deux cultures, cela engendre plutôt un bonus »
Un projet pilote encourageant
En 2020 un projet pilote intercantonal d’agroforesterie a été lancé par l’Office fédéral de l’agriculture. L’expérience doit durer 8 ans. À mi-chemin, Victor Egger nous a fait part des premières constatations. « On a vite eu des retours de nombreux agriculteurs intéressés à essayer. On a volontairement mis un cadre assez large. Pour certains l’agroforesterie c’est de créer des abris pour leurs poulets, pour d’autres c’est planter des fruitiers ou des arbres forestiers. On a une multitude de systèmes différents. Mais ce sont des gens qui se disent que ces techniques sont peut-être celles du futur et veulent aller de l’avant. Peut-être qu’on se rendra compte que finalement cela ne fonctionne pas comme espéré, mais pour l’instant on a plutôt des pistes qui disent que cela pourrait être une solution intéressante qui doit être prise en compte. » Actuellement, 20 projets plus ou moins complexes ont été réalisés dans le Jura et le Jura bernois. /tna









