L’or bleu consommé par certaines habitations isolées des Franches-Montagnes provient uniquement de sources privées. Les précipitations de ces derniers jours ont mis fin à un été compliqué à cause de la sécheresse. Deux agriculteurs au Patalours et à Malnuit témoignent
Voir la pluie tomber est une délivrance pour certains aux Franches-Montagnes. Des hameaux postés sur les côtes du Doubs ne sont pas raccordés au réseau d’eau de leur commune. Ils puisent l’or bleu d’un réservoir privé. À cause de la sécheresse cet été, les citernes n’étaient plus alimentées et il a fallu trouver de l’eau ailleurs. Les précipitations de ces derniers jours ont permis de mettre fin à plusieurs semaines compliquées.
Des hameaux en manque d’eau :
« C’est de l’or qui coule », se réjouit Sébastien Haldimann. L’agriculteur au Patalours, hameau de 3 maisons pour 11 âmes situé sur la commune des Enfers, sourit en regardant l’eau remplir la citerne privée qui alimente les conduites de son exploitation. De mi-juillet à mi-octobre, la vie n’a pas été rose pour le Taignon, son épouse et ses deux enfants. « C’est toujours un stress. Vous ne savez pas si le matin en vous réveillant vous aurez de l’eau à disposition, souffle Sébastien Haldimann qui a dû se ravitailler à la borne hydrante à Cerniévillers pour abreuver son bétail et remplir sa citerne. Vous réfléchissez si vous voulez laver votre linge ou votre vaisselle ».
Quelques kilomètres plus loin, les dernières semaines ont aussi été rudes à Malnuit. Deux familles vivent dans le hameau situé sur la commune de Saignelégier, dont celle de Pierre-Yves Dubail. « Pour ne pas gaspiller l’eau, on a arrêté de laver les écuries. On ne prend pas de bain et les douches sont limitées », explique l’agriculteur. L’eau de la citerne était réservée à alimenter le foyer. Pour abreuver ses quelque 40 vaches, Pierre-Yves Dubail a enchaîné les voyages aux Pommerats pour prélever jusqu’à 2'500 litres d’eau par jour entre fin septembre et mi-octobre.
Une solution attendue de pied ferme
Le manque d’eau dans certains hameaux franc-montagnards ne date pas d’hier. « En 15 ans de carrière, j’ai connu 10 années compliquées à cause de la sécheresse », relève Vincent Goudron. Cet été, le responsable du service des eaux à la commune de Saignelégier a dû apporter une aide à plusieurs agriculteurs en manque d’eau.
Vincent Goudron : « Ces fermes seront raccordées au réseau d’eau de la commune »
Face à cette situation, les communes de Saignelégier et des Enfers prévoient de raccorder plusieurs hameaux à leur réseau d’eau. Les projets sont dans les tuyaux même si, du côté du chef-lieu, aucune date de lancement des travaux n’est encore connue. En revanche, la commune des Enfers prévoit de démarrer le chantier au Patalours dès l’année prochaine. L’étude du projet arrive à bout touchant, selon le conseiller communal en charge des eaux Raymond Brahier. « Ça va être une super solution. Ce sera le bonheur », jubile Sébastien Haldimann. /nmy











