Les téléskis des Breuleux et des Genevez tiennent encore bon

En Suisse, de nombreuses stations de moyenne montagne ont mis la clé sous le paillasson ou ...
Les téléskis des Breuleux et des Genevez tiennent encore bon

En Suisse, de nombreuses stations de moyenne montagne ont mis la clé sous le paillasson ou sont menacées, notamment à cause du réchauffement climatique. Dans le Jura, on s’accroche avec les bénévoles

Les skieurs vont encore pouvoir profiter des stations jurassiennes comme celle des Breuleux. (Photo : archives) Les skieurs vont encore pouvoir profiter des stations jurassiennes comme celle des Breuleux. (Photo : archives)

A l’approche de l’hiver, vous êtes nombreux à ressortir vos skis. Reste à voir si vous pourrez les utiliser dans la région. En Suisse, un nombre important de stations de moyenne montagne ont déjà fermé définitivement ou sont menacées de l’être à cause du réchauffement climatique ou d’un manque de moyens. Dans le Jura, un arrêt total n’est pas à l’ordre du jour pour les téléskis des Breuleux et des Genevez. Les installations franc-montagnardes tiennent bon, du moins pour l’instant. Mais la situation pourrait se compliquer si la neige ne couvre pas suffisamment les pistes ces prochains hivers.

« On n’a pas la corde au cou, mais on se posera des questions si on ne peut pas ouvrir ces trois prochaines années », explique Ismaël Willemin, le responsable d’exploitation du téléski des Breuleux. En clair, la situation de la société n’est pas mauvaise, mais elle espère plus de neige pour tenir le coup à moyen-terme. Sur une saison, Ismaël Willemin table sur une dizaine de jours d’ouverture minimum dans de bonnes périodes, soit les week-ends ou durant les vacances. En-dessous, la situation se compliquerait. « Ce qui poserait de gros problèmes, c’est si nous devions investir ou répondre à de nouvelles exigences », dit le responsable d’exploitation. Une sorte d’épée de Damoclès. Jusqu’à présent, le téléski des Breuleux a toujours eu les liquidités nécessaires pour sa mise en service. Ismaël Willemin évoque un montant annuel de 25'000 francs de frais réguliers sans que l’installation ne tourne. La société peut aujourd’hui compter sur le bon fonctionnement de la buvette en été, mais surtout sur le travail de bénévoles qui ne comptent pas leurs heures. Ismaël Willemin confie toutefois avec une pointe d’anxiété qu’il y a de moins en moins de personnel pour faire tourner la boutique. « Nous avons quelques bénévoles qui en font beaucoup. Tant qu’on a un noyau qui tient, ça va ». Au téléski des Breuleux, on veut encore voir l’avenir avec optimisme. Mais on l’a compris, un manque d’or blanc ces prochaines année pourrait réellement remettre en question la pérennité de l’installation.

La crainte : la démotivation

Du côté du téléski des Genevez, « nous ne sommes pas en danger à moyen-terme », clame la présidente de la société coopérative Anne Rebetez. Les finances sont saines grâce aux rentrées non négligeables de la buvette en période estivale et à l’engagement des membres dans des activités annexes. L’argent récolté permet de couvrir les charges fixes. Les comptes sont positifs, même après l’hiver dernier où le téléski des Genevez n’a ouvert que trois jours et demi. La société veut donc toujours aller de l’avant pour pérenniser ses installations. « Nous avons quelques réserves si nous devions faire des investissements », affirme Anne Rebetez. Mais il faudrait tout de même discuter si ceux-ci devaient être conséquents. Comme aux Breuleux, le téléski des Genevez s’appuie sur le travail de bénévoles qui se font de plus en plus rares. Le comité dit ramer pour trouver du personnel. Et c’est justement là qu’Anne Rebetez voit un danger : « Si les bénévoles travaillent dans le vide à cause d’un manque de neige, le découragement et la démotivation pourraient apparaître », confie-t-elle. Conclusion : hors perspectives de rentabilité, la neige est vivement espérée pour maintenir l’entrain des membres. La présidente indique que comme ailleurs, une absence d’or blanc à long terme pourrait quand même remettre en cause l’avenir du téléski aux Genevez, même si on n’y pense pas aujourd’hui. /rch


 

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