Un protocole de fissures simple, mais qui fait parler de lui

Malgré de nombreuses critiques émises à l’encontre de ce protocole en lien avec le projet de ...
Un protocole de fissures simple, mais qui fait parler de lui

Malgré de nombreuses critiques émises à l’encontre de ce protocole en lien avec le projet de géothermie profonde, son responsable affirme que tous les experts mandatés sont qualifiés et que les choses sont faites dans l’intérêt de la population

Le protocole vise à mesurer ce type de fissure dans les bâtiments de Haute-Sorne et environs. (Photo : SiTaDel) Le protocole vise à mesurer ce type de fissure dans les bâtiments de Haute-Sorne et environs. (Photo : SiTaDel)

Le protocole de fissures suit son cours, mais non sans obstacles. Près de 95% des plus de 1'600 parcelles ont été contrôlées par les trois bureaux régionaux mandatés par le promoteur du projet de géothermie profonde en Haute-Sorne. Une dizaine de collaborateurs se rendent sur le terrain et inspectent tout le tour des bâtiments jusqu’à environ 2m de haut. Ils mesurent ainsi les fissures remarquées, afin que le propriétaire puisse les comparer en cas de tremblement lié au projet et ainsi faire les démarches auprès de son assureur. Même si les bureaux mandatés sont totalement indépendants du projet de géothermie, la tension se fait tout de même ressentir, selon le chef du processus de ce protocole de fissures, Manuel Lachat.

Manuel Lachat défend le processus du protocole de fissures :

Un travail perçu comme bâclé

Ce relevé fait l’objet de plusieurs critiques de la part de plusieurs habitants et opposants concernant les méthodes utilisées. Par exemple, le fait que les experts ne mesurent précisément que jusqu’à 2m de haut dérange certains habitants. Toutefois, « ce sont les fondations qui sont les plus touchées, car l’ébranlement vient du sous-sol », explique Manuel Lachat. Il ajoute encore qu'il s'agit d'une norme nationale. Il répond également aux critiques émises contre ses collaborateurs qui font leur travail en l’absence des propriétaires en avançant que « cela fait partie des termes de la convention ». Le chef de projet explique encore que « si les fissures se sont aggravées à l’extérieur, le propriétaire pourra faire valoir ses droits concernant des dommages qui se seraient produits à l’intérieur ». À noter encore que seule la maçonnerie est prise en compte par les experts.

Manuel Lachat : « Tous les collaborateurs engagés sont qualifiés »

Un personnel « qualifié »

Le professionnalisme des experts est également pointé du doigt. Certains propriétaires laissent entendre que des personnes non qualifiées exécutent cette tâche. Or, Manuel Lachat dément formellement cette affirmation. « Ce sont des collaborateurs qui connaissent bien le bâtiment ainsi que les fissures et qui ont eu une formation », explique-t-il. Il ajoute que ce protocole n’est d’ailleurs pas difficile à réaliser. « Il ne faut pas avoir fait trois doctorats pour relever des fissures. C’est quelque chose d’assez pragmatique », assure-t-il. Un cas a surtout fait polémique : celui d’une annonce sur un réseau social qui indiquait que l’entreprise cherchait des étudiants pour réaliser ce travail. Toutefois, Manuel Lachat affirme qu’aucune personne dans l’entreprise n’était au courant de cette annonce et qu’il a immédiatement démenti l'information.

Manuel Lachat : « J’ai reçu des menaces »

Une lourde tension sur le terrain

Les experts doivent parfois prendre des pincettes sur le terrain. « Il y a de fausses informations qui circulent. Certains peuvent faire feu de tout bois. Ils mélangent les promoteurs du projet et notre travail, alors qu’on ne va pas toucher un centime du premier kilowattheure de ce projet. J’ai un cahier des charges bien défini qui concerne le relevé des fissures et je le répète, c’est du pain béni pour les propriétaires », se justifie Manuel Lachat, lui qui a été également la cible de menaces. En étant sur le terrain, il affirme que de nombreuses craintes lui sont remontées et qu’il fait parfois face à des « propriétaires énervés ». « Il y a des tensions palpables que j’entends, que je ne justifie pas, mais j’essaie de les apaiser quand je peux », raconte-t-il. Quoiqu’il en soit, les premiers forages ne devraient pas débuter avant la fin du protocole de fissures, c’est-à-dire, au printemps 2024. /lge


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