Voilà un quart de siècle que nous empruntons les tunnels du Mont-Terri et du Mont-Russelin sur l’autoroute A16. L’inauguration du tronçon Delémont-Porrentruy a eu lieu le 14 novembre 1998, il y a donc précisément 25 ans. Aujourd’hui, 18'000 véhicules empruntent quotidiennement le tronçon entre la capitale jurassienne et le chef-lieu ajoulot, selon Daniel Stadelmann, responsable de section à l'Office jurassien des infrastructures. D'après un comptage effectué en 1995, 7'050 véhicules empruntaient quotidiennement le Col des Rangiers.
L’autoroute A16 a changé le quotidien des Jurassiens, mais aussi le visage de l’économie de notre canton, selon Pierre-Alain Berret, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie du Jura : « En 1998, il y avait environ 25'000 emplois en équivalent plein temps dans l’économie jurassienne. Il y en avait 35’500 à fin 2021 ». Il s’agit d’une augmentation d’environ 25%. Le nombre de frontaliers a aussi bondi, passant de 2'790 il y a 25 ans à 11'123 à fin juin 2023. Ce chiffre est toutefois à relativiser, la libre circulation des personnes jouant là un rôle primordial.
Des besoins encore importants
Malgré le développement du rail et de l’aéroport bâlois, la qualité du réseau routier à proximité des entreprises jurassiennes est capitale, selon Pierre-Alain Berret, qui indique que « dans l’industrie, l’accès par la route pour la livraison de marchandises est très important ». Le directeur de la CCIJ souligne que l’acheminement par des axes de montagne entrainerait « des problèmes de logistique insurmontables ». Il affirme encore que l’A16 fait aujourd’hui partie des conditions-cadres proposées par notre canton pour l’implantation des entreprises.
Entretien avec Pierre-Alain Berret, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura
Désengorger le trafic, cette priorité
Quand on parle de l’A16, un bémol est évoqué avec récurrence : les ralentissements à l’entrée des tunnels du Mont-Terri et du Mont-Russelin aux heures de pointe. Selon Pierre-Alain Berret, plusieurs entreprises tentent de contribuer à l’amélioration de la situation, en mettant en avant le covoiturage ou encore en laissant un horaire de départ et d’arrivée assez libre à leurs employés. Ce genre d’initiative est salué par l’Office jurassien des infrastructures : « Quoiqu’il en soit, la Confédération n’entrera pas en négociation pour des deuxièmes tubes tant que la fréquentation n’atteint pas 25'000 véhicules par jour », souligne Daniel Stadelmann (ndlr : on en est aujourd’hui à 18'000). Pour Pierre-Alain Berret, il est aussi temps d’améliorer l’offre en transports publics avec des mesures efficaces et concrètes. Il cite en exemple la création d’un passage sous-voie à la gare de Glovelier qui permettrait aux employés de la zone industrielle de se rendre au travail en quelques minutes seulement… /mle









