La Roumanie, l’Eldorado des aspirants médecins suisses

Chaque année, de nombreux étudiants recalés dans le cursus suisse de médecine s’expatrient ...
La Roumanie, l’Eldorado des aspirants médecins suisses

Chaque année, de nombreux étudiants recalés dans le cursus suisse de médecine s’expatrient en Roumanie pour atteindre leur objectif. Témoignage avec la Jurassienne Camille Scheurer

Camille Scheurer étudie en Roumanie. (Photo : Camille Scheurer). Camille Scheurer étudie en Roumanie. (Photo : Camille Scheurer).

La Roumanie accueille chaque année de nombreux étudiants suisses en médecine. Plus d’une centaine de jeunes helvètes réalisent leurs études à Cluj-Napoca, selon la RTS. Dans la plupart des cas, il s’agit d’élèves qui ont été recalés après la première année en Suisse qui est connue pour être une sélection très stricte. Or, de nombreux jeunes ne veulent pas laisser tomber leur rêve et partent du côté de la Roumanie, même si les frais de scolarité sont très élevés : entre 6'000 et 8'000 francs par année. La Jurassienne Camille Scheurer fait partie de ces Suisses qui étudient à Cluj-Napoca. « J’ai commencé par tester la Suisse en essuyant deux échecs à Lausanne, comme la plupart des gens qui se retrouvent ici. Puis la Roumanie nous offre la possibilité d’avoir un cursus en français avec des études autant qualitatives que chez nous », relate-t-elle.

Camille Scheurer : « La Roumanie nous permet d’exercer le métier de nos rêves »

Une formation de qualité 

Si la sélection en Suisse se fait essentiellement en première année, elle est différente en Roumanie : Elle se fait au moment de l’admission. « C’est la qualité de notre parcours scolaire qui fait foi. Je ne pense pas pour autant que ce soit plus simple, car moi par exemple j’ai été prise au bout de la troisième sélection », raconte Camille Scheurer. Malgré ses déceptions à Lausanne, elle ne jette pas la pierre au système suisse. « Il est ce qu’il est. Je pense au contraire que de venir à Cluj a été pour moi une des meilleures décisions  ». Elle ne cache pas que si elle avait été retenue en Suisse, elle aurait continué, mais elle est heureuse du débouché. Toutefois, elle entend parfois des choses négatives autour d’elle. « Des fois, j’entends de gens qui ont peur de ne pas être reconnus à leur juste valeur, comme des médecins de seconde zone, mais je ne vois pas comment on peut imaginer cela. En effet, tous les professionnels roumains que j’ai rencontrés sont excellents avec un très bon savoir-faire, donc je n’ai aucune crainte par rapport à ma formation », explique Camille Scheurer.

Camille Scheurer : « Le système suisse est ce qu’il est »

Une ouverture vers l’extérieur 

Au moment où l’on parle de pénurie de main-d’œuvre dans le domaine de la santé et notamment de médecins généralistes, voir ses étudiants partir à l’étranger peut paraître contradictoire. Pour Camille Scheurer, l’idée de revenir exercer en Suisse domine, mais elle ne se ferme aucune porte. « Quand on est parti jusqu’en Roumanie, on a envie de découvrir aussi d’autres choses. Je pense qu’on a un métier qu’on peut exercer partout. Il faut voir du pays, ça fait du bien à tout le monde », sourit-elle. Étudier en Roumanie est donc une expérience inoubliable pour la Jurassienne de 26 ans. /lge

Camille Scheurer : « Je ne suis absolument pas fermée à exercer dans d’autres pays » 


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus