Le centre de compétences pour la protection des reptiles et des amphibiens, Info Fauna, à Neuchâtel a révisé les listes rouges de ces espèces indigènes, dont 80% sont menacées
Les reptiles et amphibiens de Suisse ne sont pas tirés d’affaire. Les listes rouges des espèces menacées ont été publiées vendredi, sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement. Le dernier recensement datait de 2005. Le Centre national de données et d'informations sur la faune suisse, à Neuchâtel, Info Fauna, indique que 80% des lézards et serpents, et 79% des grenouilles, crapauds et autres tritons sont menacés. Une situation qui ne s’est pas améliorée ces dernières années. Le déclin s’est même accéléré pour la couleuvre à collier et la coronelle lisse. Sylvain Ursenbacher, spécialiste des reptiles, à Info Fauna, explique cette baisse continue par la destruction des habitats : « on casse des lisières, des murs en pierres sèches ». En parallèle, les reptiles ne bénéficient que peu souvent de mesures de protection. « C’est des espèces pour lesquelles on n’a encore relativement peu fait d’habitats intéressants et favorables, donc ça ne compense pas ce qu’on perd en surface », indique le collaborateur scientifique. Toutefois, le rapport des listes rouges précise que les moyens mis en œuvre pour la sauvegarde des amphibiens portent leur fruit. Ceux-ci, comme la création d’étangs, ont été mis en place il y a une trentaine d’années. « Pour les amphibiens, on voit des réactions positives, selon Sylvain Ursenbacher. On voit que certaines espèces se maintiennent maintenant très bien ».
Sylvain Ursenbacher : « La situation s’est encore péjorée »
Le serpent, ce mal-aimé
Les couleurs, vipères et serpents jouissent d’une mauvaise réputation dans l’opinion publique. Pour Info Fauna, il faut donc informer avant même d’envisager des mesures de sauvegarde. « C’est peut-être plus compliqué d’essayer de protéger et de convaincre des gens de protéger des serpents, que des salamandres que tout le monde aime bien », explique Sylvain Ursenbacher. Le scientifique relève que la donne change. « Il y a 20, 30, 40 ans, toute bonne vipère était une vipère morte. Je pense qu’à l’heure actuelle, les gens changent d’opinion ». Les serpents présentent ainsi un intérêt pour limiter les rongeurs, par exemple, dans les vignes.
Sylvain Ursenbacher : « Les gens sont contents de revoir ces gros lézards bien verts »
/ncp










