Et si on vous disait que les traditions de Noël reposent uniquement sur un travail collectif ? D’un point de vue sociologique, c’est presque ça. « Dans toutes les périodes de fêtes, il y a un aspect théâtral, souvent repris par le marché », explique Fabrice Clément, professeur en sciences cognitives à l’Université de Neuchâtel. « Même si certaines traditions sont pénibles, comme ressortir le sapin chaque année, il y a collectivement l’idée que ce monde un peu magique reste fascinant ». La magie de Noël, ce serait donc une tradition à laquelle tout le monde participe individuellement ou collectivement. On peut le voir par exemple, lors de l’accrochage de différentes décorations, avec la confection de grands repas, mais aussi lors de l’échange de cadeaux ou l’envoi de carte de vœux.
Fabrice Clément : « Les cartes de vœux, ça souligne l’importance que garde la période de Noël. C’est une période hors du temps, nostalgique »
Le récit du Père Noël
Il en est de même avec le Père Noël, qu’on retrouve chaque année dans de nombreux films, musiques et jusque dans les foyers. Fabrice Clément, professeur en sciences cognitives à l’Université de Neuchâtel a d’ailleurs réalisé une étude, en collaboration avec Sophie von Niederhausern, sur la fin de la croyance au Père Noël. Plusieurs jeunes enfants avaient été interrogés à l’âge de 11-12ans, alors qu’ils étaient sortis de cette période. « Et quand nous leur avons demandé s’ils en avaient parlé à des plus jeunes, ils étaient scandalisés » raconte Fabrice Clément. « Il y avait déjà très jeune cette idée que croire au Père Noël, c’était sympa, jusqu’à un certain âge ». Le professeur estime que ce « jeu social » dure depuis plusieurs générations, ce qui permet d’entretenir l’histoire.
Fabrice Clément : « Il y a une sorte d'accord collectif sur le fait qu'il est bien de croire au Père Noël jusqu'à un certain âge »
Fabrice Clément vient d’ailleurs de publier un livre intitulé : « La Fabrication des croyances chez l'enfant. Une histoire naturelle de la croyance », aux éditions Odile Jacob, à Paris. /swe









