Le franc s’est encore raffermi face à l’euro. La monnaie communautaire a glissé jeudi sous le seuil symbolique des 93 centimes. Il faut remonter au 15 janvier 2015 pour trouver l'euro encore plus bas, à 85,80 centimes, un niveau historique dans le sillage de la décision de la BNS d'abandonner le taux plancher, fixé alors à 1,20 franc, afin de soutenir les exportations. Traditionnelle valeur refuge, la devise helvétique profite aussi de la bonne santé de l’économie suisse avec une inflation moins importante, alors que la BNS a mis fin au taux négatif. Cette situation ne profite ni aux entreprises ni aux commerces de la région : « Les entreprises qui exportent dans la zone euro vont voir leur chiffre d’affaires diminuer de 7%, c’est la baisse qu’on a depuis le début de l’année par rapport à l’euro, donc cela va être difficile à compenser. Et comme nous sommes dans une région frontalière, il y a le risque du tourisme d’achat », explique le consultant en finances Yann Rufer.
Yann Rufer : « Le franc fort est un problème pour l’économie suisse »
Et le franc ne devrait pas s’affaiblir : « La BNS pourrait essayer d’affaiblir le franc suisse en intervenant sur les marchés, même si je la vois limitée par rapport à cela, cela pourrait un peu remonter à court terme. Mais à moyen-long terme, l’attractivité du franc suisse et son rôle de monnaie refuge sont prédominants, et il risque encore de s’apprécier par rapport à d’autres monnaies, notamment l’euro et le dollar », conclut Yann Rufer.










