L’annonce tombe le 19 mars, un dimanche soir. Les Suisses apprennent le rachat de Credit Suisse par UBS pour trois milliards de francs. Notre rétrospective 2023 revient ce mardi sur la débâcle du numéro deux bancaire helvétique. La banque aux deux voiles est alors dans la tourmente depuis plusieurs jours et ne réussit pas à rassurer les marchés. La transaction est alors approuvée par le Conseil fédéral et l’autorité de surveillance des marchés financiers, la FINMA. « Une chute incontrôlée du Credit Suisse conduirait à des conséquences incalculables pour le pays et pour la place financière internationale », explique le 19 mars, le président de la Confédération, Alain Berset. Ce rachat est la meilleure solution, estime le gouvernement.
Alain Berset : « Nous avons donc la responsabilité de tout faire pour éviter une crise financière de grande ampleur »
Selon le PLR Philippe Bauer, alors encore conseiller aux Etats neuchâtelois, la réaction des autorités est intervenue au bon moment, permettant d’éviter une catastrophe financière en Suisse et peut-être au-delà. Philippe Bauer, au lendemain de cette annonce, indique « c’est une honte que le management de Credit Suisse, depuis 2008, ait continué d’errer et d’être confronté aux problèmes qui ont été rencontrés, aux scandales qui ont été rencontrés ».
Philippe Bauer : « C’était peut-être la moins mauvaise solution pour notre place financière »
Avec la chute de Credit Suisse, c’est aussi l’image du pays qui en prend un coup. « On a l’impression qu’on se retrouve toujours dans ce même schéma ou les rendements doivent rester sur le marché mais que, par contre, on se retourne vers l’Etat dès qu’il y a des problèmes et qu’il faut éponger des pertes » estime Mathilde Crevoisier Crelier, la sénatrice socialiste jurassienne.
Mathilde Crevoisier Crelier : « En termes d’image, ce n’est pas terrible »
A noter que comme pour le COVID, le Conseil fédéral usera de son droit de gouverner par ordonnance. Le parlement sera convoqué pour ratifier le prêt de 109 milliards. Toutefois, le Conseil national le rejettera tout en sachant que cela n’aura pas d’impact sur la décision du gouvernement.
Dans la foulée, une commission d’enquête parlementaire sera mise sur pied pour examiner la débâcle de Credit Suisse et les carences des autorités de surveillance. Le rapport de la CEP est attendu pour la fin 2024. /seb-sju









