Le secteur du génie civil traverse une mauvaise passe dans le Jura. Plusieurs entreprises ont été obligées de procéder à des licenciements en fin d’année passée. 2024 ne s’annonce pas meilleure. Les carnets de commandes peinent à se remplir. En cause : une baisse des investissements de la part des collectivités publiques. Au niveau cantonal, le budget pour l’aménagement du réseau routier a été réduit de 20% cette année, soit d’environ deux millions de francs. Certaines grandes communes, à l’instar de Delémont, ont également décidé de réduire la voilure.
Pas de RHT
Les entreprises de la branche sont surtout pénalisées, car elles ne peuvent pas toucher le chômage partiel. « Nous n’avons pas droit aux RHT contrairement à l’industrie qui bénéficie de cet apport non négligeable qui permet de conserver sa main-d’œuvre et son savoir-faire », explique le président de la SSE Jura, l’organisation professionnelle des entreprises du gros œuvre. Pierre-André Raboud estime qu’il s’agit d’une situation discriminatoire. Un changement de la législation fédérale serait nécessaire, selon lui. La faitière entend d’ailleurs prendre contact avec des parlementaires pour les sensibiliser à cette question. Aujourd’hui, le génie civil a uniquement droit à des indemnités en cas d’intempéries. Les conditions sont strictes et plus forcément adaptées, car elles concernent surtout la neige et le froid. « On se rend compte que ce sont les conditions estivales qui sont plus pénalisantes que les conditions hivernales », précise Pierre-André Raboud qui est également directeur de la société Laurent Membrez SA à Delémont.
Pierre-André Raboud : « La situation est assez problématique »
Une planification pas toujours optimale
Au niveau cantonal, la SSE Jura va rendre les députés attentifs à ces difficultés, mais aussi le Service des infrastructures. La faitière estime, par ailleurs, que la planification cantonale pose parfois certains problèmes et décalages au niveau de la facturation. « À notre avis, il y a un retard dans les mises en soumission au niveau du calendrier. Il faudrait pouvoir commencer les travaux plus tôt dans la saison pour les terminer dans de bonnes conditions en octobre ou en novembre », conclut le président de la SSE Jura, Pierre-André Raboud. /alr









