Nouveau procès pour deux frères franc-montagnards

Suspectés d’actes d’ordre sexuel avec enfant et personne incapable de discernement, les prévenus ...
Nouveau procès pour deux frères franc-montagnards

Suspectés d’actes d’ordre sexuel avec enfant et personne incapable de discernement, les prévenus sont de retour devant la justice jurassienne

La justice jurassienne face à une sordide affaire d'actes d'ordre sexuel. (Photo d'illustration: archive) La justice jurassienne face à une sordide affaire d'actes d'ordre sexuel. (Photo d'illustration: archive)

Retour devant le Tribunal pénal à Porrentruy pour deux frères franc-montagnards. Accusés d’actes d’ordre sexuel avec un enfant et actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, éventuellement contrainte sexuelle et éventuellement viol, ils comparaissent depuis lundi. Les deux prévenus avaient été condamnés en 2022 pour ces faits à sept ans de prison chacun, mais le jugement a été cassé par le Tribunal fédéral pour des questions de composition de la Cour.


Peines de neuf ans et huit ans et demi requises

La justice jurassienne a donc dû reprendre le dossier à zéro, sous la présidence de la juge Martine Lang. Les faits se seraient produits entre 2011 et 2015 dans un village taignon, lorsque la victime présumée avait entre 7 et 11 ans. Les deux frères – ses voisins de palier – avaient une dizaine d’années de plus. Ils se seraient rendus à réitérées reprises chez la jeune fille alors que ses parents travaillaient. Pour la procureure Laurie Roth, ils ont « odieusement utilisé leur jeune victime comme un objet sexuel ». Elle a insisté sur le fait qu’elle était aujourd’hui détruite. « Elle a été abusée et violée. Elle est marquée au fer rouge », a renchéri l’avocat de la plaignante Jérémy Huart. La procureure a requis des peines de respectivement neuf ans et huit ans et demi de prison. « Vous ne jugez pas que des violeurs, mais aussi des destructeurs », a dit Laurie Roth à l’adresse des juges.

Avocats de la défense, Mélanie Bouvier-Rérat et Daniel Trajilovic reconnaissent, eux, des attouchements, mais nient les accusations de viol et de contrainte. Ils estiment par ailleurs que la période des faits est plus courte, soit 2011-2013, voire 2010. Ils ont plaidé pour des peines de respectivement 30 mois avec sursis partiel de 15 mois, puis deux ans avec sursis. « Le premier jugement a été annulé, il ne faut donc pas en tenir compte. Dans cette affaire, il ne faut pas se laisser submerger par les émotions », a déclaré Mélanie Bouvier-Rérat. « Seul un jugement juste et équitable permettra de s’arrêter dans cette longue procédure », a déclaré de son côté Daniel Trajilovic.

La juge Martine Lang prononcera le verdict le 24 janvier prochain. /rch


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