Le regard d’Eric Gerber à Swiss Expo

L’agriculteur de Vendlincourt a officié pour la première fois en tant que juge de la race Montbéliarde ...
Le regard d’Eric Gerber à Swiss Expo

L’agriculteur de Vendlincourt a officié pour la première fois en tant que juge de la race Montbéliarde à Swiss Expo. Un rôle qui demande concentration mais aussi sens de l'animation

Eric Gerber (à l'écran) accompagné du Ringman scrute les candidates. (Photo : Swissherdbook) Eric Gerber (à l'écran) accompagné du Ringman scrute les candidates. (Photo : Swissherdbook)

Il a mis son œil affûté au service de la Grand-messe européenne des concours de bétail laitier. Eric Gerber, agriculteur et éleveur à Vendlincourt, a pris part à Swiss Expo cette année en tant que juge pour la race Montbéliarde. La manifestation qui s’est tenue à Palexpo à Genève fait partie des trois plus grands rendez-vous au monde dans le domaine. C’est le plus important d’Europe. Eric Gerber avait déjà officié comme juge dans de plus petits concours et puis il a été appelé pour Swiss Expo. « Devenir juge n’était pas une fin en soi, explique-t-il. Swissherdbook avait organisé un cours de juge auquel je m’étais inscrit, mais uniquement à des fins de formation. Et finalement, j’ai été agréé comme juge Montbéliarde pour la Suisse. Avoir pu juger à Swiss Expo me procure beaucoup de fierté. » Eric Gerber fait d’ailleurs partie des rares Suisses à être agréés pour juger la race Montbéliarde. Ils ne sont que trois. « C’est une petite race au niveau de la Suisse et les places de concours où l’on peut s’exercer en tant que juge ne sont pas si fréquentes. Je ne suis pas sûr qu’être plus nombreux soit un avantage. »


Un rôle d’animateur également

Sur place à Palexpo, Eric Gerber a donc jugé la race Montbéliarde. Un honneur pour l’agriculteur jurassien, mais aussi une certaine pression puisque près de 60% des animaux du concours provenaient de France, le berceau de la race. Cette année le concours a d'ailleurs couronné des Montbéliardes venues de l'Hexagone. « Vous avez tous les éleveurs chevronnés de Suisse et de France qui sont là pour observer les animaux, mais aussi votre prestation en tant que juge. Il faut savoir rester dans sa bulle. » Explique-t-il. En quelques minutes, il faut juger les animaux qui arrivent sans les avoir vus au préalable et ensuite justifier ses choix devant le public. « Vous l'objectif de trouver l’animal qui correspond aux critères, mais vous avez aussi ce rôle de showman. Il faut expliquer ses choix au public et enrober tout cela pour qu’il y ait un peu d’ambiance » explique Eric Gerber.

Eric Gerber : « Si votre ligne est cohérente durant le concours, les éleveurs l'acceptent »

Dans l’œil du juge

Pour l’emporter, les vaches sélectionnées doivent répondre à certains critères précis que seul un œil bien entraîné peut distinguer. « La Montbéliarde, c’est une vache qui allie une certaine puissance corporelle et un très bon potentiel laitier, explique Eric Gerber. On recherche des objectifs d’harmonie générale et de finesse et plus on avance dans les concours, plus on recherche cette puissance de corps allié à la finesse et la qualité de la mamelle pour avoir une vraie championne. »

Quant à savoir si un bon éleveur fait nécessairement un bon juge, Eric Gerber n’en est pas convaincu. « Est-ce qu’un bon joueur de foot fait nécessairement un bon entraîneur ? Je pense cependant que les deux activités sont liées, c’est clair. Votre œil doit se peaufiner avec les années, il faut aussi avoir travaillé avec l’évolution de la race. Je pense qu’il faut être éleveur pour être un bon juge, mais pas nécessairement le meilleur éleveur. » /tna


 

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