Retour devant la justice pour les auteurs d’une fusillade qui avait mis en émoi tout le Jura en février 2021. Après la première instance, c’est au tour de la Cour pénale à Porrentruy de statuer sur cette affaire puisque le Ministère public et les trois prévenus ont fait appel de la décision rendue l’année dernière. A l’époque des faits, deux bandes de rivales se toisaient régulièrement jusqu’au jour où l’un des accusés a sorti une arme à feu et a tiré, depuis une voiture, à cinq reprises en direction des plaignants à Delémont. L’un d’eux a reçu un projectile dans le dos.
Une audience sous tension
Alors que les proches ne devaient pas assister aux débats pour éviter tout débordement, ce sont les avocats qui ont élevé la voix à plusieurs reprises, donnant ainsi le ton d’une affaire qui met sous tension la justice. Preuve en est, la douzaine de policiers présents dans et aux abords du tribunal. Quant à la famille, la Cour pénale a autorisé en début d’audience la tenue des débats en public.
Quelles étaient les intentions ?
Après les injures, les intimidations et les coups, les trois amis d’enfance auraient décidé de passer à l’acte. La Cour pénale devra définir quelles étaient les intentions des trois personnes assises dans cette voiture en pleine nuit. Selon le procureur, tous les trois savaient qu’une arme chargée s’y trouvait et qu’elle serait utilisée pour tirer sur le groupe de plaignants. Des échanges de messages, la traque à Delémont et les réactions des protagonistes après les cinq coups de feu attesteraient cette conclusion. L’auteur des tirs assure qu’on lui a tendu une arme et que les plaignants faisaient signe depuis le trottoir pour en découdre. Le jeune homme ne pensait que leur faire peur en visant un talus proche d’eux. Si tels étaient ses souhaits, le président Pascal Chappuis s’est étonné qu’il n’ait pas tiré en l’air et à une seule reprise.
Le co-auteur, qui était au volant, a affirmé avoir fait demi-tour et ralenti pour parler avec eux et non pas pour permettre de leur tirer dessus. Quant au troisième complice, il ignorait, selon lui, le but de cette virée.
Des peines plus lourdes
Le Ministère public a requis des peines privatives de liberté de 7 ans, 12 ans et 14 ans, notamment, pour tentative d’assassinat. En première instance, les trois prévenus ont écopé de peines allant de 5 ans et demi à 12 ans de prison. Les plaidoiries des avocats des trois accusés et des quatre plaignants se poursuivent encore mercredi. Le jugement est attendu jeudi. /ncp









