Yves Bugmann a repris les rênes de la Fédération de l’industrie horlogère depuis le 1er janvier. Entre franc fort, intelligence artificielle et relations avec l’Europe, il dresse un bilan des chantiers qui l’attendent
Il est, depuis le 1er janvier, le nouveau visage de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH). Yves Bugmann a repris la présidence depuis un mois, en remplacement de Jean-Daniel Pasche, qui a quitté son poste après 30 ans de service.
Yves Bugmann est argovien d'origine et il est loin d’être un inconnu au sein de la FH puisqu’il y est entré en 2006 pour reprendre la direction de la division juridique. « Je pense que le fait de connaître les membres, les collègues et les infrastructures est un grand avantage, explique-t-il, avant d’ajouter que « tout se passe très bien » depuis sa prise de fonctions.
Il faut dire que le monde de l’horlogerie vit une période plutôt favorable. Les exportations ont crû en 2023 de 7,6% par rapport à l’année précédente et le nombre d’employés dans le secteur (plus de 65'000) a atteint un record depuis les années 1970. Difficile toutefois, pour Yves Bugmann, d’affirmer qu’il s’agissait du bon moment pour reprendre les rênes de la FH.
Yves Bugmann : « On s’attend à une année 2024 un peu plus calme »
Si la dynamique est plutôt positive actuellement, Yves Bugmann indique qu’il devra, en premier lieu, maintenir les activités d’une faîtière « qui marche bien ». Mais il devra aussi faire face à des défis qui guettent le secteur horloger, parmi lesquelles l’arrivée de l’intelligence artificielle qui sera « assez diruptive », estime le président de la FH. S’il peine actuellement à identifier les effets concrets, il imagine déjà différentes implications dans la production, la distribution mais aussi dans la promotion des montres dans le monde. De quoi faire craindre pour l’emploi ? « Je ne pense pas. Bien au contraire, je pense que l’intelligence artificielle peut nous aider, comme un assistant », rétorque-t-il.
Et les obstacles ne s’arrêtent pas à la seule question de l’IA, poursuit Yves Bugmann. Les performances du secteur sont aussi dépendantes de la force du franc et des relations entre la Suisse et l’Europe. Deux points pour lesquelles des réponses politiques sont attendues. Il s’agira alors, pour le nouveau président, de réussir à sensibiliser les élus à sa cause.
Yves Bugmann : « Nous avons des contacts réguliers avec les politiciens »
Des contacts outre-Sarine
Né en Argovie, Yves Bugmann entend bien faire connaître davantage la FH dans la partie germanophone de la Suisse. Car pour lui, à l’heure actuelle, si les marques qui sont membres de la Fédération de l’industrie horlogère jouissent d’une certaine notoriété, la faîtière, elle, ne bénéficie pas du même statut. Etre alémanique peut, reconnaît-il, devenir un avantage dans ce cadre-là.
Yves Bugmann : « Ça peut aider de connaître le ‘schwyzerdütsch’ »
Pour cette année 2024 en tout cas, Yves Bugmann dit vouloir « tout faire » pour que les conditions-cadres restent positives pour le secteur de l’horlogerie, tout en soutenant au maximum les membres de la FH. /amo









