Deux ans plus tard, quels défis pour les Ukrainiens ?

Environ 600 personnes d'origine ukrainienne habitent dans le Jura. Quels sont leurs défis à ...
Deux ans plus tard, quels défis pour les Ukrainiens ?

Environ 600 personnes d'origine ukrainienne habitent dans le Jura. Quelles sont leurs perspectives d'avenir ? L'intégration professionnelle se fait-elle facilement ? Rencontre avec Alina Akin, une Kiévienne domiciliée à Alle, déterminée à s’établir définitivement en Suisse

En attendant de trouver un emploi dans la vente, Alina Akin se consacre à 100% à l'apprentissage du français En attendant de trouver un emploi dans la vente, Alina Akin se consacre à 100% à l'apprentissage du français

« Pour moi, la Suisse c’est le paradis, les gens sont polis, et très souriants, surtout ici dans le Jura », raconte Alina Akin. L’ancienne habitante de Kiev est arrivée dans la commune de Alle il y a un an et sept mois avec son époux Soner, ainsi que son chat et ses deux chiens.

Elle se consacre depuis à 100% à l’apprentissage du français, quatre fois par semaine par le biais de cours, ainsi que le soir grâce à de nombreuses lectures. « Je souhaiterais absolument travailler dans la vente comme à Kiev, pour cela, il faut que je parle très bien le français », explique-t-elle assise devant ses fiches de révisions grammaticales.

Si Alina n’a toujours pas intégré le monde professionnel en Suisse, son mari Soner travaille depuis un mois dans un restaurant à Porrentruy : « Cela a été compliqué de trouver au début, car il ne parlait pas très bien le français ».

L’Ukrainienne et son mari souhaitent s’établir ici sur le long terme par peur d’un avenir incertain à Kiev.

Alina Akin : « Perfectionner mon français est une grande source de motivation »

Statut S compliqué

Le mari de Alina fait pourtant figure d'exception. Sur les 600 réfugiés en provenance d'Ukraine établis dans la région jurassienne, seuls 14% ont pu trouver un emploi contre 20% au niveau national. Deux ans après le début de la guerre, l’intégration professionnelle reste toujours compliquée.

Les réfugiés ukrainiens bénéficient d’un statut S, offrant un accueil humanitaire temporaire aux groupes pour lesquels la qualité de personne réfugiée n’est pas vérifiée, qui devrait prendre fin à la fin du mois de mars 2025. « C’est un statut précaire, il est difficile avec ce permis de se projeter à long terme en Suisse », explique Gilles Froidevaux, directeur adjoint de l'Association jurassienne d’accueil des migrants.

La Confédération souhaiterait atteindre 40% d’intégration professionnelle pour les personnes ukrainiennes d’ici la fin de l’année. « Pour cela, il faut multiplier les cours de langue. Mais il y a aussi un gros problème dans la reconnaissance des diplômes », complète le directeur adjoint de l’AJAM.

« Parmi les réfugiés, la grande majorité sont des femmes avec des enfants. Il faut donc organiser des solutions de garde. Ce sont des défis que rencontrent aussi des familles jurassiennes, mais lorsqu’on provient d’une autre région du monde, le problème est accentué avec les difficultés linguistiques qui vont avec », conclut-il. /cbu

Gilles Froidevaux : « Il y a beaucoup de problèmes dans la reconnaissance des diplômes »


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