Le Salon 2024 interjurassien de la formation ouvre ses portes

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Le Salon 2024 interjurassien de la formation ouvre ses portes

Le Salon interjurassien de la formation a ouvert ses portes ce mercredi matin au Forum de l’Arc à Moutier. 209 métiers y sont présentés durant 5 jours

Dans le village technique, 245 places d’apprentissage sont ouvertes pour la rentrée en août. Dans le village technique, 245 places d’apprentissage sont ouvertes pour la rentrée en août.

Et toi, tu feras quoi plus tard ? Cette question en a fait trembler plus d'un à l'école. Pourtant c'est le lot de chacun de trouver sa voie. C'est pour aider les jeunes à faire le tri dans la jungle des possibilités que le Salon interjurassien a été créé. Concrètement, 209 métiers y sont représentés durant cinq jours, à travers 9000 mètres carrés d'exposition. On y trouve différents îlots regrouppant des familles de métiers telles que le bâtiment, la sécurité, les métiers en lien avec la nature, les formations générales et tertiaires, les transports et la logistique, la santé, l'alimentation, l'hôtellerie, l'intendance ou encore l'industrie. Rencontres, démonstrations, prise de renseignements et parfois même conclusion d'un stage voir même d'un contrat d'apprentissage pour les plus chanceux.

Reportage au cœur du Salon 2024 interjurassien de la formation

L'industrie fortement représentée


Avec près de 40 métiers représentés, le village technique est la fillière qui couvre la plus grande surface. «Il faut dire que la technique c'est l'ADN et le tissu économique de la région», rappelle Danielle Ackermann, directrice du CAAJ, le Centre d’apprentissage de l’Arc Jurassien. Un ADN qui peine pourtant à séduire de nouvelles vocations. «Les entreprises se sont un peu fermées au fur et à mesure des années parce qu'elles avaient des secrets de fabrication, et puis on a encore l'image du vieil atelier qui sent mauvais avec des brouillards d'huile, alors qu'aujourd'hui on doit faire venir les jeunes dans les entreprises pour leur montrer que l'industrie a évolué et que si les usines aujourd'hui ne sont pas encore des salles blanches, on peut quand même presque manger par terre», explique encore la directrice du CAAJ. D'autant que ce ne sont pas les débouchés qui manquent. Dans la région, 245 places d'apprentissage, dans ces différents métiers, sont ouvertes pour la rentrée d'août. Mais il y a urgence à agir. «Les baby boomers partent bientôt en retraite, ils remplissent actuellement les ateliers, il faut penser à recruter pour ne pas perdre ces compétences», prévient Danielle Ackermann, tout en rappelant que d'ici trois ou quatre ans, il va manquer dans les ateliers de la région entre 200 et 250 décolleteurs.

À l'avantage des apprenants


Cette situation créé bien évidemment des problèmes et des tensions dans certains secteurs d’activité, comme dans les soins par exemple. Mais toutefois, elle est paradoxalement plutôt à l’avantage de celles et ceux qui recherchent une formation puisqu’aujourd’hui, c’est bien eux qui tiennent le couteau par le manche. «Dans les hopitaux par exemple, on a cruellement besoin d'infirmiers et d'infirmières donc aujourd'hui, dans les entretiens, les postulants peuvent faire valoir certaines choses qu'on ne pourrait pas faire valoir dans d'autres professions», souligne Marco Mourot, responsable des filières ES en soins infirmiers au CEFF, le Centre de formation professionnelle Berne Francophone.


Une situation appelée à évoluer ?


Avec des entreprises qui se plient aujourd’hui en quatre pour attirer de nouveaux apprentis ou apprenants dans leurs filières de formations, peut-on à terme espérer contrer ce phénomène de pénurie et voir renaître un intérêt croissant pour ces métiers dans les yeux des jeunes ? « C'est assez difficile à dire parce que démographiquement déjà on est une mauvaise période dans le sens où il y a moins de jeunes qui sortent de l'école obligatoire maintenant qu'il y a dix ans en arrière», remarque Pierre-Yves Kohler, directeur du SIAMS et du programme de valorisation des métiers techniques BePog. Mais le spécialiste de smétiers techniques temporise. «On a quand même l'impression que la situation évolue gentiment, ne serait-ce déjà qu'au niveau des écoles et des profs qui se rendent compte que les métiers de l'industrie sont des métiers importants et intéressants, et ça c'est déjà un bon point», poursuit Pierre-Yves Kohler. «Le prochain challenge sera de faire que les entreprises comprennent mieux le monde de l'école parce que c'est deux mondes qui ne se comprennent pas bien donc aujourd'hui, on essaie de faire se rencontrer des responsables d'entreprises avec des enseignants pour qu'ils puissent se comprendre», conclut le directeur du SIAMS. 


Le Salon interjurassien de la formation se poursuit jusqu’au dimanche 3 mars au Forum de l’Arc à Moutier. Retrouvez toutes les infos sur le site salon-formation.ch

/rme


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