Depuis l’arrivée de l’évêque Felix Gmür en 2011, la circonscription ecclésiastique, dont fait partie le Jura, a enregistré de nombreux signalements. Le lancement d’une étude-pilote en septembre a permis de délier les langues
Le diocèse de Bâle a enregistré 183 signalements d’abus sexuels depuis l’entrée en fonction de l’évêque Felix Gmür il y a 13 ans. La circonscription ecclésiastique, dont fait partie le Jura, publie mardi le rapport du service indépendant officiel d’abus sexuels dans le diocèse de Bâle. Le lancement en septembre dernier de l’étude-pilote mandatée par l’Eglise catholique romaine a permis de délier les langues. Sur les 183 cas enregistrés, 92 l’ont été ces 6 derniers mois, soit autant que le nombre de signalements enregistrés ces 12 dernières années. L’évêque a notamment reconnu l’été dernier avoir commis des erreurs dans la gestion d’un cas.
Jura Pastoral pas informé de cas sur son territoire
On ignore en revanche dans quelle proportion le territoire jurassien est concerné par ces chiffres. « On ne dispose pour l'heure d’aucune information sur ces dossiers, si le Jura est touché ou non », répond Didier Berret, délégué épiscopal pour le Jura Pastoral. « Nous n’avons pas d’affaires qui ont éclaté récemment au sein du vicariat », ajoute-t-il en écho aux 92 signalements enregistrés par le diocèse de Bâle au cours des six derniers mois.
Des faits souvent prescrits
Dans la grande majorité des cas, les abus sexuels présumés ont été commis au siècle dernier. Les victimes présumées sont très souvent des jeunes hommes mineurs, et les accusés des hommes adultes. Sur les 92 signalements reçus depuis le mois de septembre, 58 concernent des actions présumées d’ordre sexuel sur des enfants, dont 5 cas de rapports sexuels, anaux ou oraux. Mais aussi 20 signalements pour des attouchements sur des parties du corps dénudées ou habillées, et 11 portent sur des propos ou des gestes à connotation sexuelle. Concernant les signalements entre 2011, année d’arrivée de l’évêque Felix Gmür, et 2023, le rapport en a dénombré 91 dont 49 pour des actes d’ordre sexuel sur des enfants et des adolescents : quatre pour abus de détresse, un pour viol et un pour de la pornographie enfantine.
Un seul cas entre les mains du ministère public
Parmi les personnes mises en cause, 71 étaient prêtres ou diacres au moment des faits reprochées. Une grande partie est déjà décédée. Le rapport précise que pour les signalements les plus récents, un seul est entre les mains du ministère public et 78 ne peuvent plus être poursuivis parce que les cas sont prescrits ou forclos.
Le document souligne que le nombre de délits sexuels présumés, qui se sont passés ces 20 dernières années, a nettement diminué. Le diocèse de Bâle y voit un signe positif du travail de prévention déjà entrepris. /comm-nmy









