La reprise du suremballage ne fait pas un carton

Depuis trois ans, les grandes surfaces jurassiennes ont l’obligation de mettre à disposition ...
La reprise du suremballage ne fait pas un carton

Depuis trois ans, les grandes surfaces jurassiennes ont l’obligation de mettre à disposition un lieu de collecte du suremballage, mais l’offre n’est que peu connue par les consommateurs

Le suremballage peut être laissé dans les grandes surfaces depuis trois ans. Le suremballage peut être laissé dans les grandes surfaces depuis trois ans.

C’était une petite révolution en mars 2021 : le Parlement jurassien obligeait alors les grandes surfaces à mettre à disposition des points de collecte pour récupérer le suremballage. Le plastique et le carton qui n’ont pas pour vocation de protéger le produit. Des interventions des groupes PS et PCSI demandaient de suivre l’exemple de Zurich dans le but d’amorcer un changement de pratiques de la part de la grande distribution. Dans l’impossibilité d’interdire le plastique inutile autour des produits, le Parlement jurassien a souhaité par cette loi inciter les consommateurs à ne plus accepter la production de suremballages. Les surfaces de vente de plus de 200 m2 ont l’obligation désormais de disposer de poubelles à la sortie du magasin. Trois ans plus tard, certains clients utilisent cette offre, comme Jean-Pierre, retraité rencontré à Porrentruy : « On ne le fait pas directement, mais on le fait à la visite suivante ». Une autre consommatrice nous a confirmé ramener depuis peu son plastique dans les poubelles de la grande surface, qui ce jour-là étaient pleines, et a constaté avec bonheur que sa propre poubelle se remplissait nettement moins vite.

Mais il est impossible de connaître les quantités déposées par les consommateurs ces trois dernières années. Coop nous répond qu’en tant qu’entreprise nationale, elle ne communique pas les chiffres locaux. L’Office jurassien de l’Environnement n’a d’ailleurs pas fait cet exercice de suivi.


Absence de visibilité

L’offre reste toutefois méconnue du grand public, à l’instar de Marion. Cette jeune maman est restée bouche bée en apprenant l’existence de ces points de collecte : « Je n’étais pas du tout au courant. […] C’est dommage qu’on ne le sache pas ». Il faut dire que ces poubelles ne sont que peu visibles selon Yolande, qui de ce fait ne pense pas à déposer le suremballage qui remplit les sacs taxés.


Une communication à améliorer

Après trois ans, le ministre en charge de l’environnement tire un bilan positif, puisque la trentaine de commerces concernés ont appliqué la loi jurassienne. Mais David Eray admet que cette offre est peu utilisée par les consommateurs : « C’est là qu’il y a encore un potentiel d’amélioration évident ». Une réflexion est en cours pour mettre sur pied une nouvelle campagne de communication. Quant à l’absence de visibilité dans ces magasins, le ministre rappelle que la loi ne mentionne pas d’emplacement à respecter. « Ça devient assez subjectif pour le vérifier », indique le membre du Gouvernement jurassien.


Le recyclage en ligne de mire

Ces déchets des consommateurs sont intégrés au reste des matériaux destinés au recyclage produits par les commerces et rejoignent par exemple l’emballage plastique autour des palettes livrées. Le porte-parole de Migros nous écrit d’ailleurs que son magasin « ne produit aucun suremballage ». La protection des palettes a ainsi une fonction : ne pas perdre de produits pendant le transport. Enfin, Coop, Migros et Denner affirment faire des efforts pour réduire les emballages. La loi jurassienne n’a que « des répercussions marginales » sur la gestion des matériaux, selon Coop. Pour Migros, elle « enfonce des portes déjà ouvertes ». En fin d’année, les géants de la grande distribution et différents producteurs ont créé une nouvelle association, RecyPac, dont le but est de créer une collecte des plastiques coordonnée à l’échelle de la Suisse. /ncp


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