Les femmes meurent davantage d'un infarctus que les hommes en Suisse

En 2022, les hommes ont été plus souvent hospitalisés pour des maladies cardio-vasculaires ...
Les femmes meurent davantage d'un infarctus que les hommes en Suisse

En 2022, les hommes ont été plus souvent hospitalisés pour des maladies cardio-vasculaires mais davantage de femmes en sont décédées. Ce sont les résultats présentés en ce mois de mars dans une étude menée par la société PWC sur la médecine de genre, axée sur les maladies cardio-vasculaires. Echange avec un cardiologue basé à Courrendlin sur ce problème de santé publique

Environ 30% des décès totaux chez les femmes en Suisse sont dus à des problèmes cardio-vasculaires. Photo : libres de droit Environ 30% des décès totaux chez les femmes en Suisse sont dus à des problèmes cardio-vasculaires. Photo : libres de droit

Environ une femme sur trois contre un homme sur quatre. Les maladies cardiovasculaires sont la cause de décès la plus fréquente dans notre pays, chez les femmes. C’est ce qui ressort d’une étude menée sur la médecine de genre, axée sur les problèmes cardio-vasculaires, en début de mois par l’entreprise PWC.

Selon le Dr Salah Edine Hassani, cardiologue à Courrendlin, les problèmes cardio-vasculaires sont directement trop associés aux hommes : « On a l’image d’une personne en surpoids, qui fume, qui est bon vivant. Dans les brochures de prévention, c’est très souvent un homme qui est représenté. Le biais part déjà de là. De plus, les études scientifiques sont souvent menées sur des hommes. »

Le cardialogue mentionne que les habitudes de vie des femmes ont drastiquement évolué et les facteurs de risque ont également augmenté : « Les femmes travaillent davantage qu’avant, donc subissent plus de stress. Il est prouvé qu'elles souffrent davantage de syndrome anxio-dépressif »,

Facteurs hormonaux

Auparavant les facteurs hormonaux n’étaient pas pris en compte pour évaluer les risques cardio-vasculaires chez la femme. « Par exemple, lors de la contraception où les oestrogènes jouent un effet favorable sur la paroi vasculaire. », explique Dr Hassani.

Le cardiologue avertit toutefois : « Si la femme fume, cela va annuler les effets positifs de l’oestrogène et donc augmenter les maladies cardio-vasculaires. »

Durant la grossesse également, la femme peut se retrouver vulnérable : « Il y a un énorme changement hémodynamique à cause du bébé et cela peut engendrer de l’hypertension gravidique des diabètes gestationnels, des éclampsies. »

Egalement chez les jeunes femmes, des règles trop précoces, qui arrivent à l’âge de 11 ans ou tardives à 16 ans peuvent représenter un risque.

Dr Hassani : « Les facteurs hormonaux féminins sont désormais pris en compte »

Symptômes typiquement féminins

Les hommes et les femmes ne présentent pas les mêmes symptômes, par exemple, lors d’un infarctus du myocarde. « D’un point de vue anatomique, les femmes ont des vaisseaux plus petits et la paroi du cœur est plus fine, donc plus fragile », décrit Dr Hassani.

Dans 50% des cas, il s’agit de symptômes classiques tels qu'une forte douleur thoracique, qui va irradier dans la mâchoire puis dans les bras.

Puis dans les autres 50% des cas, les femmes vont subir une fatigue profonde, présenter un essoufflement d’effort, avoir des douleurs dans le haut du dos, des palpitations, puis finalement elles peuvent souffrir de douleurs digestives récurrentes telles que des nausées. Ce sont des douleurs typiquement féminines.

Selon une étude menée à l’hôpital de Zurich, les femmes appellent en moyenne 37 minutes plus tard qu’un homme. De plus elles négligent souvent leur santé au profit de celles de leurs proches. Elles consacreront moins de temps à leur rééducation cardiaque après un infarctus pour prendre soin de leur famille.

Prévention sur le tabac

Outre les facteurs de risque classiques tels que la sédentarité, une mauvaise alimentation, l’usage nocif d’alcool, un accent doit être mis particulièrement sur la prévention liée au tabagisme en Suisse. « La situation en Suisse est catastrophique. En moyenne 21% des femmes fument contre 23% pour les hommes », relate le spécialiste en cardiologie.

La situation s’empire avec les jeunes filles. 26% entre 15 et 25 ans fument pour 23% des hommes de cette même tranche d'âge.

Il s'agit du facteur de risque le plus élevé en termes de problèmes cardio-vasculaire. « 3 ou 4 cigarettes par jour multiplient les risques de problèmes cardio-vasculaires de 3 à 4 fois », conclut le cardiologue de Courrendlin. /cbu

Dr Hassani : «  Le tabagisme en Suisse est catastrophique »


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